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« Contre-productif », jugent les experts

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Deux spécialistes interrogés par le Journal soutiennent que les techniques de censure d'Internet par les Commissions scolaires sont « contre-productives » et « inefficaces ».

Nicolas Roberge, expert Internet, assure que cette façon de faire est « contre-productive. L'apprentissage par le web est primordial. Il existe des milliers de vidéos éducatives sur YouTube entre autres. C'est une richesse inestimable ».

Selon lui, « les écoles se battent contre le libre accès à Internet depuis ses débuts. Ça a longtemps été perçu plus comme un divertissement ou une distraction qu'une source d'information et d'apprentissage ».

Cela dit, « les jeunes seront sont futés et pourront toujours contourner les mesures restrictives mises en place par la Commission scolaire, spécifie M. Roberge. La natifs du numérique auront toujours une avance sur les plus vieux. »

Ce dernier énumère les astuces qui permettent de déjouer le blocage. « Il existe plein de moyens. Pour Monsieur Tout-le-monde, le plus simple est d'utiliser un site de contournement. Il y en a d'innombrables sur le net ». Une autre façon peut être la navigation anonyme. « Voici un exemple d'une navigation anonyme sur YouTube, détaille notre contact. À votre travail, le trafic HTTP va passer par un site-écran. Dans les logs des serveurs, ils (les responsables de l'informatique) vont voir le nom de ce site. Ils ne verront pas que vous êtes allés sur YouTube ». M. Roberge tient à préciser que « les sites de contournement sont légitimes et faciles à trouver ».

« Ils ne vont quand même pas censurer Google ! »

Pour le second expert, informaticien travaillant dans un Cégep de Québec, la question est entendue. « Ma fille de 6 ans a déjà un courriel et un profil Facebook. Comment veux-tu censurer quelqu'un qui est né avec Internet ? », demande-t-il. D'après lui, « la censure est totalement inefficace. On peut l'outrepasser grâce à une simple recherche sur Google. Ils ne vont quand même pas censurer Google ! », lance-t-il.

Plus concrètement, notre source signale que ses étudiants ne sont pas autorisés à télécharger le logiciel de clavardage Yahoo Messenger. « Pour régler ça, soit ils se connectent sur un réseau sans-fil autre que celui du Cégep, précise-t-il. Ou bien ils peuvent toujours utiliser ce même Messenger, encore plus facilement, en passant par Google et sans avoir besoin de le télécharger. »

Bref, il vaut mieux « apprendre à nos jeunes comment tirer profit du web, plutôt que de choisir la solution la plus facile : celle de fermer l'accès », pense-t-il.

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