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Marie-France Larouche

Skip et professeure

Les élèves de l'école Ruche-De-Lanaudière de Saint-Vallier comptent sur un professeur «célèbre» en Marie-France Larouche, l'une des skips montantes du curling au Canada.
Photo Daniel Mallard Les élèves de l'école Ruche-De-Lanaudière de Saint-Vallier comptent sur un professeur «célèbre» en Marie-France Larouche, l'une des skips montantes du curling au Canada.

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Dans les fins de matchs qui commandent un haut niveau de concentration, Marie-France Larouche se voit bien loin des gymnases cacophoniques dans lesquels elle enseigne toute la semaine durant.

Dans la vie de madame la professeure, le devoir de précision sur les glaces cohabite avec celui des consignes dictées à sa marmaille qu'elle retrouve à tous les jours. Si la skip (capitaine) de curling devait réussir sa difficile ascension jusqu'aux Jeux olympiques de Vancouver, il se trouve des élèves d'écoles primaires dans la région de Bellechasse qui en seraient bien fiers. «Hé!, c'est mon professeure d'éducation physique qu'on a vue à la télé», entendrait-on dans les cours de récréation.

«J'aime beaucoup les enfants», nous dit à l'évidence l'enseignante, rencontrée durant sa pause du midi à l'école Le Phare de Saint-Michel. «J'adore travailler avec ceux du primaire. Durant mes études, j'avais fait un stage au secondaire et j'avais trouvé difficile de toujours avoir à motiver les élèves. Mais au primaire, les enfants viennent dans l'esprit de s'amuser. C'est facile d'agir et interagir avec eux et de les initier à différents sports.»

Emploi précaire

La prochaine année s'annonce à la fois la plus emballante et la plus exigeante pour Larouche et ses coéquipières. Leurs bons résultats à des tournois ciblés de la dernière saison leur accordent le droit de participer au tournoi de pré-qualification olympique, à la mi-novembre, à Prince George. Des 12 équipes invitées à ce rendez-vous, les quatre meilleures en ressortiront pour se présenter ensuite avec quatre autres déjà sélectionnées à l'ultime qualification en vue du tournoi olympique, du 6 au 13 décembre, à Edmonton.

Or, le curling est ainsi fait que les prétendants olympiques doivent gagner leur vie à l'extérieur de leur discipline. L'occupation «athlète» qu'on lit dans la fiche personnelle des adeptes d'autres sports ne se transpose pas au curling. Cinq années après avoir obtenu son baccalauréat, le statut d'enseignante de Marie-France Larouche demeure précaire. Oeuvrant à 80 pourcent de la tâche, elle partage son emploi dans quatre écoles de la commission scolaire de la Côte-du-Sud, comme quoi l'amour pour le travail peut nicher sous la même enseigne qu'un avenir flottant.

«Je vis toujours avec l'incertitude de ne pas savoir quel emploi j'occuperai l'année suivante. Évidemment, j'aimerais ne pas avoir à subir ce stress parce que je sais que j'en aurai déjà sous d'autre forme durant la prochaine année», entrevoit la capitaine en pensant à sa prochaine saison.

Bonheur et énergie

Justement, concilier la carrière en curling à celle de l'enseignement requiert de l'organisation.

Au retour des tournois, souvent tard les dimanches, les enfants l'attendent avec leur même énergie, les lundis matins. La fatigue de la skip ne doit pas se fier à l'indulgence des mousses.

«Je ne sais pas, on dirait que je retrouve alors la même adrénaline qu'au curling. Il faut dire que c'est toujours plus facile de jumeler tout ça quand l'année de compétitions va bien, comme ce fut le cas cette année. Comme dans n'importe quel domaine, on trouve facilement de l'énergie quand on est heureux», explique l'athlète qui a eu 29 ans, ce vendredi.

Les valeurs

Sur les murs des gymnases qu'elle occupe, Marie-France Larouche y découvre un autre type d'appui.

Durant la saison, les enfants y apposent des dessins et des messages d'encouragement à l'intention de leur skip préférée. Au bout de cette année scolaire qui s'achève, on s'imagine la relation construite depuis septembre. «Parfois, les enfants s'informent de mon dernier tournoi: l'as-tu gagné? Quand c'est non, je leur dis alors que je suis quand même contente de ce que j'ai accompli et que je dois en retirer des points positifs. En fin de compte, ce sont un peu les valeurs qu'on doit enseigner, non?»

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