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sociétés mystérieuses | fascination

Une société initiatique et philosophique

Le symbole typique du compas et de l'équerre posés sur un livre orne discrètement le haut de la façade du temple maçonnique de Québec.
© Benoit Gariépy Le symbole typique du compas et de l'équerre posés sur un livre orne discrètement le haut de la façade du temple maçonnique de Québec.

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Les mystérieux francs-maçons se présentent comme une société « discrète et non secrète ». Pour plusieurs, ce sont les histoires de réseautage, d'initiations mystérieuses et signes secrets qui viennent en tête lorsqu'on les aborde. Qu'ils soient influents ou non, leur présence à Québec est fidèle à leur autodescription : visible mais sans éclat.

La franc-maçonnerie : organisation philosophique ou carrefour de pouvoir en coulisse? Les francs-maçons disent d'eux-mêmes qu'ils sont une société « initiatique et philosophique », mais ils sont toujours demeurés discrets sur ce qu'ils faisaient derrière les portes closes de leurs temples, laissant libre cours à l'imaginaire des profanes.

Le prestige de certains de leurs membres - notamment des présidents des États-Unis et de la France, et quelques dirigeants de la Révolution française - offrent depuis longtemps matière à spéculation pour les amateurs de théories du complot.

Wolfe et Moncalm

Ce prestige rejoint aussi l'histoire de la capitale. L'historien Jacques Lacoursière rappelle que les généraux Wolfe et Montcalm ont été membres de cette organisation dont on connaît si peu de choses. La bataille des plaines d'Abraham a coûté la vie aux deux militaires qui appartenaient à la franc-maçonnerie.

C'est que la présence maçonnique à Québec remonte loin dans l'histoire de la ville. « La première loge ici aurait vu le jour vers 1757 avec des officiers de l'armée française, explique M. Lacoursière. Toutefois, c'est surtout avec le début du régime anglais qu'on commence à voir plusieurs temples maçonniques. »

Deux traditions très différentes cependant, rappelle l'historien. Si les loges d'inspiration anglaise valorisent la confrérie entre maçons et travaillent sous le signe du Grand Architecte (Dieu), les loges d'inspiration française prônent la laïcité, la séparation entre l'Église et l'État, le divorce, etc. Il souligne que très peu de contacts étaient maintenus entre les deux.

« Souvent mais pas toujours, les consuls généraux de France (à Québec) étaient maçons », évoque l'historien. Des ministres à Québec ont aussi appartenu à l'ordre au début du XXe siècle. Mais la liste de noms connus pour Québec est brève. Il faut dire que la plupart des francs-maçons sont difficiles à repérer dans l'histoire de la capitale, notamment en raison de l'opposition de l'Église catholique à l'organisation et de sa nature fort discrète.

Elle était d'ailleurs beaucoup plus secrète à l'époque, note M. Lacoursière. « Il ne fallait pas dire à quiconque qu'on était membre. Maintenant, les règles ont un peu changé. » Encore aujourd'hui, les membres peuvent se reconnaître notamment par des poignées de main dont eux seuls ont le secret.

Des traces

À Québec, on retrouve des traces dans l'architecture de la ville. Ils ont notamment posé les pierres angulaires des monuments de Samuel de Champlain et de Wolfe-Montcalm près du Château Frontenac. Situé à l'angle des rues des Jardins et Saint-Louis, on reconnaît aussi l'actuel temple maçonnique construit à Québec, en 1861. Son symbole typique du compas et de l'équerre posés sur un livre orne discrètement le haut de sa façade. L'Association maçonnique bénévole de Québec n'a pas donné suite aux demandes d'entrevue du Journal.

marc-andre.seguin@journaldequebec.com

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