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La génération internet

Une « classe virtuelle »

Sylvain Bérubé tente d'intégrer les nouvelles technologies dans ses cours.
© Photo Simon Clark Sylvain Bérubé tente d'intégrer les nouvelles technologies dans ses cours.

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Afin d'intéresser ses élèves de 1re et de 3e secondaire à l'école De Rochebelle, Sylvain Bérubé fait tout pour inclure les nouvelles technologies à ses cours de français. Mais ce n'est pas toujours aisé...

« Le printemps dernier, j'ai décidé d'utiliser une plateforme Ning (le mot signifie paix en langue chinoise; il s'agit d'un hébergeur utilisé comme un réseau social notamment en éducation) que j'ai moi-même monté, explique-t-il. L'expérience s'est déroulée sur trois mois seulement. Mais cette année, je veux implanter ce système dès la rentrée scolaire pour voir l'évolution sur dix mois. »

Ning, que M. Bérubé compare à une « classe virtuelle », permet de transposer le cadre physique de l'école dans le cyberespace. Dans cette « excroissance de la classe », on trouve un espace consacré au forum de discussion, à l'échange et à la création de blogs, ainsi qu'un autre qui permet l'envoi de courriels. La réaction des élèves a été mitigée. « On a décidé ensemble de quelques règles de comportement. Je me suis aperçu rapidement que les fonctionnalités, comme l'esthétique, le changement des fonds d'écran ou des avatars, ça va très rapidement, décrit-t-il. Pour produire du contenu, c'est plus dur. C'est là que l'éducateur a un rôle à jouer : orienter la discussion, aider à cerner les idées, développer les compétences de synthèse et le jugement. »

L'idée de créer un portail était une façon, pour M. Bérubé, d'implanter un outil qui capte l'attention des élèves. « Je l'ai vue comme une plus-value, déclare-t-il. Ça va chercher la motivation de certains, mais ce n'est pas universel. Il y en aura toujours que ce genre de choses ne motivera pas. Ce n'est pas une panacée, mais ça aide. » Son but est « d'ouvrir l'horizon des élèves à l'actualité » et de « relayer de l'information ».

Un « gros paquebot »

Comme il s'agit de cours de français, la qualité de l'écrit était primordiale. « Ça permet aux élèves d'écrire sur une base régulière. La qualité de la langue est un des critères auxquels je tenais mordicus, mais il n'a pas été respecté par tous, regrette-t-il. Beaucoup retombent dans leurs vieilles habitudes en mélangeant la langue française et la "langue texto". » L'autre difficulté pour le professeur a trait aux « gros paquebots » que représentent les directions d'écoles. « J'irais voir mon supérieur immédiat concernant le projet Ning et il y aurait sûrement un intérêt, assure-t-il. En même temps, je connais d'autres directions qui auraient une méfiance. "C'est quoi cette chose? À quoi ça expose mes jeunes?", s'empresseront-ils de me demander. Cela dit, on a heureusement une certaine autonomie professionnelle qui nous permet de tester ce genre de choses. »

Optimiste

Sylvain Bérubé demeure donc optimiste quant à l'implantation progressive des nouvelles technologies à l'école. « De plus en plus d'enseignants se mettent à utiliser ces outils. Si je regarde le nombre d'entre eux qui ont acheté des ordinateurs portables au cours des deux dernières années - à leurs frais et sans aucune déduction d'impôts même si c'est utilisé à des fins professionnelles −, c'est très intéressant. »

Questionné à savoir s'il constituait une exception chez les enseignants, M. Bérubé répond qu'il « ne [se] considère pas comme un maniaque d'Internet. Je suis à classer dans les utilisateurs intensifs; j'ai un outil, je l'exploite le plus possible et j'aime pousser la machine. »

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