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Langue et culture

Le PQ sera plus «ferme»

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MONTRÉAL- L'avenir de la langue française étant incertain, en particulier dans la région métropolitaine, Pauline Marois promet plus de fermeté dans la défense et la promotion de la langue de Molière.

La francisation des petites entreprises et les études collégiales obligatoires en français seront éventuellement ajoutée au programme du PQ. «Il faut faire reculer l'anglais à Montréal», a-t-elle précisé, hier.

À ceux qui, comme Jean Charest, l'accuseront de vouloir rompre la paix sociale, Pauline Marois réplique: «Lui est en train de semer le désordre à Montréal. Il y a des gens de plus en plus choqués par la façon dont ont traite le français à Montréal. L'inertie et l'inaction amènent aussi des problèmes sociaux».

Le recul du français est indéniable dans la région métropolitaine, ce qu'ont constaté les péquistes réunis au centre et un gouvernement du PQ sera beaucoup plus ferme que ne le sera jamais celui de Jean Charest, a promis la chef péquiste.

«Nous n'avons pas le luxe de nous permettre plus longtemps l'attitude tiède, timorée, l'attitude de frilosité et de peur du gouvernement Charest», a-t-elle martelé en clôturant un colloque de deux jours portant sur la langue et la culture tenu à Montréal, en fin de semaine. «La langue française doit prendre sa place, elle doit s'imposer. Nous agirons à cet égard, et fiez-vous sur moi, nous agirons avec beaucoup de fermeté lorsque nous formerons le gouvernement», a insisté Mme Marois.

Elle a rappelé que la Cour suprême venait d'invalider les dispositions de la loi 104 visant à empêcher le transfert d'étudiants d'écoles privées non subventionnées vers le réseau d'éducation anglophone.

Jusqu'à maintenant, le gouvernement Charest n'a pas réagi concrètement. Mais, pour le PQ, ce dictat du plus haut tribunal du pays est inadmissible, et surtout nuisible à l'avenir du français au Québec.

«Au nom d'une Constitution que le Québec n'a jamais signée, des juges nommés pas une autre nation veulent nous empêcher de défendre ce qu'il y a de plus précieux pour la nation québécoise. La Cour suprême du Canada nous dit que notre manière de défendre le français au Québec ne lui convient pas. Eh! bien, au Québec, c'est la Constitution canadienne qui ne nous convient pas!», a lancé Mme Marois, en déclenchant un tonnerre d'applaudissements.

Toute la fin de semaine, les péquistes ont jonglé avec diverses mesures visant à enrichir le programme qui devrait être adopté en juin 2011.

En regard des immigrants, le PQ imposera probablement la loi 101 aux cégeps, de manière à contrer le transfert de la moitié des diplômés du secondaire vers les cégeps anglophones. Le français sera enseigné aux anglophones tandis qe l'anglais, «intensif et concentré», le sera au secondaire.

Le PQ instaurera aussi une citoyenneté québécoise, de manière à signifer aux immigrants qu'ils ne sont pas que Canadiens, mais aussi, et surtout, Québécois.

«Il n'y a rien d'excessif ni de honteux à attendre de ces nouveaux arrivants qu'ils s'inscrivent dans ce que nous avons fait du Québec au fil du temps. Accueillir, c'est s'ouvrir à la différence de l'autre, mais pas au prix de l'effacement de soi!», a souligné Mme Marois qui déposera un projet de loi sur l'identité québécoise, mardi.

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