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LNH à Québec | Étude de Bizjournals

Un élément central oublié: la culture

La passion qui anime les Québécois devant le hockey de la LNH devrait être pris en considération dans l'étude de Bizjournals, estime un expert.
Archives Daniel MALLARD La passion qui anime les Québécois devant le hockey de la LNH devrait être pris en considération dans l'étude de Bizjournals, estime un expert.

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L'étude de Bizjournals, qui affirme que Québec se trouve « à la limite économique » de pouvoir recevoir une équipe de la LNH, comporte une « faiblesse » de taille : la non-prise en compte de la culture sportive de la ville.

C'est l'opinion émise par Luc Dupont, professeur au Département de communication de l'Université d'Ottawa. « Oui, il ne faut jamais faire abstraction de l'élément économique d'une ville, mais il ne faut pas pour autant négliger l'élément culturel et la passion qu'une ville comme Québec peut avoir pour le hockey », croit l'expert.

Le Journal rapportait, hier, les résultats d'une vaste analyse de Bizjournals, la version en ligne de la chaîne American City Business Journals, qui publie 41 hebdomadaires dans plusieurs grands centres américains. Le rapport prend en compte 82 marchés américains et canadiens afin de déterminer leurs capacités à abriter une équipe professionnelle (expansion ou déménagement) de baseball, de basketball (NBA), de football (LNF), de hockey (LNH) et de soccer (MLS). L'étude se base sur le revenu annuel combiné des travailleurs de la ville (Total Personnal Income) qui traduit la capacité de payer. Elle prend également compte, à un degré moindre, deux critères, soit les infrastructures existantes et la proximité d'une équipe rivale.

Avec son revenu annuel combiné de 27,77 milliards, Qué­bec obtient un pointage de 74 pour la LNH et la LNF. Elle se trouve donc dans la catégorie des villes « économiquement à la limite » de recevoir des équipes professionnelles de hockey ou de football américain. Assez étrangement, Québec détient une meilleure note (76) pour prétendre accueillir une équipe de la NBA et une note parfaite de 100 pour abriter une équipe de la MLS.

Hamilton et Winnipeg, régulièrement citées comme les principales concurrentes de Québec pour recevoir une franchise de la LNH reçoivent respectivement 79 et 72 points.

Les « consommateurs potentiels »

« La notion de consommateurs potentiels est également ignorée dans cette étude, déplore M. Dupont. Avec l'élargissement de la 175 entre Saguenay et Québec, il faut aussi compter sur le marché du Saguenay, en plus de celui de la Beauce. N'oublions pas qu'à l'époque des Nordiques, il y avait environ 1 500 personnes qui empruntaient 40 autocars pour venir voir les parties à Québec. »

Selon M. Dupont, « la désirabilité de la population est un facteur clé. C'est ce qui fait toute la différence entre la possibilité d'avoir du hockey professionnel à Houston ou à Québec. Dans le premier cas, c'est viable économiquement, mais il n'y a pas d'intérêt public. Dans le second cas, l'intérêt permettra au projet de devenir viable.

taieb.moalla@journaldequebec.com

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