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Chronique

Un nouvel Haïti

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Quelque 1 000 militaires de Valcartier se portent au secours du peuple haïtien. À l'exemple du gouvernement américain, celui de Stephen Harper au Canada ne lésine pas sur les moyens dans sa participation à la gigantesque opération humanitaire mise en branle à la suite du tremblement de terre.

Le plus impressionnant dans la conférence de presse donnée dimanche par le lieutenant-colonel Christian Labrosse est que les volontaires se bousculaient pour être déployés en Haïti, pressés de venir en aide aux survivants, de maintenir l'ordre et de rétablir des services publics de base. Ces hommes et ces femmes font vraiment profession de servir, même si les risques pour leur vie sont élevés, comme en Afghanistan, ou même s'ils seront confrontés aux pires souffrances, en Haïti. Dans les deux cas, ils en resteront marqués pour le reste de leurs jours.

Valcartier, une participation précieuse

La participation des militaires de Valcartier sera particulièrement précieuse parce que ces derniers sont francophones, donc peuvent comprendre les Haïtiens et se faire comprendre d'eux.

Autant la population canadienne, et surtout québécoise, pouvait avoir des réserves quant à la présence de nos soldats en Afghanistan, où plusieurs ont perdu la vie, et quant aux milliards engagés par le Canada dans cette guerre, autant les Canadiens seront d'accord avec cette mission en Haïti, même si les coûts seront également élevés. Au total, ce sont 2 000 soldats canadiens qui y participeront, avec tout l'équipement qui leur est nécessaire.

Les volontaires ont aussi afflué au sein des corps policiers déjà associés au programme de coopération internationale d'assistance et de formation de la police haïtienne, parmi les professionnels de la santé et aux portes des organismes non gouvernementaux (ONG). C'est édifiant.

Québec pro-actif

Le gouvernement du Québec a aussi été pro-actif, notamment pour l'accueil des Canadiens rapatriés à Montréal depuis le séisme. Ottawa et Québec faciliteront, en plus, la réunification des familles déjà partagées entre Haïti et le Canada.

Nos élus se grandissent parfois. Le désastre en Haïti leur en a fourni l'occasion et ils ont répondu, à tous les paliers de gouvernement et toutes couleurs politiques confondues, sans chercher à se faire du capital partisan sur le dos du peuple haïtien. C'est tout à leur honneur. Une pareille élévation chez les politiciens est si rare qu'elle mérite d'être soulignée.

Nous assistons depuis une semaine à une belle démonstration de solidarité humaine. Il faut seulement souhaiter maintenant qu'elle dure.

Le désastre est d'une telle ampleur qu'il faudra en effet reconstruire toutes les infrastructures et réorganiser tous les services publics. Cela peut être l'occasion de créer un nouvel Haïti, en relevant les conditions de vie de ce peuple qui a tant souffert au cours de son histoire et dont la cause était jugée perdue par plusieurs.

Et puisqu'il ne peut s'en charger lui-même, le peuple haïtien devra compter sur une corvée internationale qui s'étirera sur de nombreuses années.

Il faudra aussi que les plus brillants cerveaux haïtiens qui ont immigré dans des pays développés retournent dans leur pays d'origine pour y exercer un leadership. Ils doivent être les premiers à croire en un avenir pour Haïti pour que les citoyens des pays sollicités y croient.

jjacques.samson@journaldequebec.com

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