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Registre des armes à feu

L'APPQ propose une décentralisation en faveur de la SQ

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L'Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ) propose à Ottawa de décentraliser la gestion du Registre des armes à feu pour en assurer le maintien, en confiant à la SQ toute la partie visant les détenteurs québécois.

L'APPQ suggère cette «nouvelle alternative» afin d'éviter l'abolition du Registre dans un mémoire qu'elle vient de déposer au comité parlementaire chargé d'étudier le projet de loi C-391, et dont Le Journal de Québec a obtenu copie.

Le projet de loi du gouvernement Harper amputerait ce controversé programme - dont l'administration a jusqu'à maintenant coûté deux milliards de dollars aux Canadiens depuis sa mise sur pied - de l'obligation pour leurs détenteurs d'y faire inscrire les armes longues et les fusils de chasse.

L'association soutient «qu'en déléguant une partie de la gestion du Registre aux provinces (...), le gouvernement fédéral pourrait corriger facilement certaines des lacunes» qu'on lui attribue (coûteux, contraignant et «inefficace pour les citoyens ordinaires qui pratiquent la chasse comme loisir et pour les agriculteurs» sans casier judiciaire, qui devraient d'ailleurs bénéficier d'une «procédure allégée» d'enregistrement, selon l'APPQ).

«Un incontournable»

Le syndicat comptant quelque 5000 membres rappelle que la Sûreté du Québec est bien placée pour assurer la gestion de la «partie québécoise» du Registre, puisque le corps policier est déjà responsable de l'émission des permis aux détenteurs d'armes à feu de la province.

Il réclame du même souffle que le fédéral fournisse à la SQ «les ressources matérielles et humaines nécessaires pour effectuer le transfert de l'administration du Registre». Son président, Jean-Guy Dagenais, avance que «de façon conservatrice», cette responsabilité pourrait entraîner des besoins d'«environ trois à quatre millions $» par année et «d'une dizaine de policiers additionnels».

«Chez nous, le Registre est un incontournable. Mais je crains qu'on ne pourra arriver à s'entendre avec l'Ouest. Chaque province devrait pouvoir ajuster le Registre à ses besoins et rendre ça moins compliqué. Ce serait plus facile et plus simple pour les Québécois propriétaires d'armes si on rapatriait l'administration du Registre», a-t-il fait valoir en entrevue, lundi.

À l'instar des autres syndicats de policiers de la province, de nombreux intervenants en santé publique et des victimes de la tuerie de l'école Polytechnique, entre autres, l'APPQ prône le maintien du Registre, en arguant que «les carabines et les fusils de chasse sont les armes les plus utilisées dans les cas d'homicides, de violence conjugale, de suicide, ainsi que dans les cas des meurtres de policiers».

«Grâce à ce programme, les policiers qui répondent à un appel peuvent consulter le Registre afin de déceler la présence potentielle d'une arme et ainsi ajuster leur intervention en conséquence. D'ailleurs, depuis sa mise en place, le Registre serait consulté en moyenne 10 304 fois par jour par les policiers», rappelle l'APPQ dans son mémoire.

eric.thibault@journaldequebec.com

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