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RAPPORT DU CORONER

Le soccer «à trois murs» devrait être interdit

Le père de la victime, M. Denis Bouchard, a reçu l'appui du joueur des Remparts de Québec, Mikaël Tam, qui a lui-même été victime d'un traumatisme crânien.
© Diane Tremblay Le père de la victime, M. Denis Bouchard, a reçu l'appui du joueur des Remparts de Québec, Mikaël Tam, qui a lui-même été victime d'un traumatisme crânien.

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En trente ans, trois personnes ont perdu la vie, au Québec, en pratiquant le soccer. Le décès de Pier-Yves Bouchard, survenu le 28 février 2009, à la suite des complications d'un traumatisme crânien infligé durant une partie au Cégep de Sainte-Foy, soulève des questions par rapport à la sécurité des installations sportives.

Mordu du sport, ce jeune homme de 21 ans participait à la 7e édition du Bol d'or Tanatois United Club lorsqu'il est tombé tête première contre un mur de gymnase en ciment après une échappée au filet qui a mal tourné.

« Le contact avec le mur a été violent. La victime, dans sa perte d'équilibre, n'a eu aucune chance de se protéger », relate le coroner Pierre Brochu.

Selon les règlements du tournoi, les trois murs du gymnase faisaient partie du terrain. Les joueurs pouvaient les utiliser pour faire rebondir le ballon, accélérant ainsi la vitesse du jeu. Même si cette façon de jouer est répandue, le coroner affirme qu'elle devrait être interdite. L'absence de matériel protecteur le long des murs augmente les risques de blessures.

Depuis quelques années, la construction de nouvelles installations conçues spécialement pour le soccer intérieur tend à faire disparaître le jeu « à trois murs ». Au Complexe Honco de Lévis, par exemple, cette pratique est interdite.

« C'est le genre d'accident qui peut être évité. C'est dangereux et il faut arrêter ça », a partagé le père de la victime, M. Denis Bouchard.

« Ma seule consolation, c'est que mon fils est décédé en faisant quelque chose qui le passionnait. C'est très difficile de passer à travers. J'y pense à tout moment », a-t-il ajouté la gorge nouée par l'émotion.

Blessures à la tête

À chaque année, près de 300 000 traumatismes crâniens associés à la pratique d'un sport sont diagnostiqués au Canada. Aux États-Unis, ce chiffre grimpe à deux millions.

« Ça comprend uniquement les admissions dans les urgences. Dans les faits, on pense qu'il y en a beaucoup plus que ça », a dit M. Philippe Fait, chef thérapeute pour la Ligue de hockey junior majeure du Québec.

« C'est énorme! Près de 90 % des traumatismes crâniens cérébraux sont de type léger. Au début, on pensait qu'il n'y avait pas de séquelles, mais plus les outils de diagnostic se spécialisent, plus on observe qu'il peut en rester », a ajouté M. Fait.

Fondation

Pour venir en aide aux personnes ayant subi un traumatisme crânien, ce dernier a mis sur pied la Fondation Pier-Yves Bouchard. Un 24 h de soccer aura lieu le 19 juin prochain, au Complexe Honco, pour amasser de l'argent.

Le défenseur des Remparts de Québec, Mikaël Tam, a choisi d'associer son nom à cette cause, car il a lui-même été victime d'un traumatisme crânien après avoir reçu un coup de coude pendant une partie de hockey, en janvier dernier, à Rouyn-Noranda.

« Cela a bien tourné pour moi. Je suis revenu correct à 100 pour 100, mais cette cause me touche beaucoup », a partagé le joueur.

Le soccer est une activité relativement jeune, au Québec, et nombre d'équipements en salle n'ont pas été construits pour répondre aux exigences de ce sport, conclut le coroner.

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