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Punaises de lit

La lutte est loin d'être gagnée

Mario Lavigne et Chubby font équipe dans la détection des punaises de lit.
© Stevens LeBlanc Mario Lavigne et Chubby font équipe dans la détection des punaises de lit.

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Québec n'est pas épargnée par la prolifération des punaises de lit qui touche les grandes métropoles.

Le spécialiste en gestion parasitaire Michel Maheu parle d'une montée en flèche du problème. « Il y a deux ans, on avait un cas par semaine. Depuis l'an dernier, c'est à tous les jours », a expliqué M. Maheu, qui participait, hier, à un symposium consacré au sujet.

Les punaises de lit ne vivent plus isolées dans les coins reculés. Elles voyagent sur la planète et fréquentent même les plus grands hôtels.

« Ce n'est pas appelé à diminuer si on se base sur ce qui se passe du côté américain. C'est le début de la vague. Ça va aller en augmentant encore », prédit le biologiste et directeur général de Maheu & Maheu.

La consultation de sites Internet comme bedbugregistry.com provoque des démangeaisons. La côte Est américaine est littéralement envahie par les punaises de lit. Au Canada, les punaises causent des problèmes partout, mais c'est à Toronto particulièrement qu'il y a le plus de signalements. Le titre de la Ville reine a été supplanté par celui de la « Capitale de la punaise au Canada ».

À Montréal, le nombre d'interventions quotidiennes double d'année en année. Quand on sait qu'une femelle pond entre deux et cinq œufs par jour, la situation peut rapidement devenir hors de contrôle.

D'ailleurs, aux États-Unis, des poursuites ont déjà été intentées contre des hôtels par des clients victimes de punaises.

Des mythes

« Les punaises ne transmettent pas de maladies. Par contre, il y a des impacts au niveau social. C'est une nuisance extrême. Ça peut causer des troubles psychologiques qui peuvent être tout aussi graves pour la santé de quelqu'un », a mentionné M. Jean-François Duchesne, conseiller à la Direction régionale de la santé publique de la Capitale-Nationale.

Ce petit insecte indésirable peut provoquer des problèmes de sommeil, susciter la honte et l'angoisse, sans compter qu'il en coûte une petite fortune pour s'en débarrasser. On parle d'environ 100 $ par pièce infestée.

Chez les personnes à mobilité réduite ou en perte cognitive, les conséquences prennent des proportions encore plus grandes.

La résistance aux traitements

Dans le passé, certains produits comme les pyréthorinoïdes ont eu pour effet de créer des punaises plus résistantes aux traitements, par la mutation des gènes.

« C'est un élément qui est très important dans la propagation du problème », a indiqué M. Maheu.

L'Agence canadienne de réglementation de lutte antiparasitaire est extrêmement exigeante face aux manufacturiers, de sorte que les nouveaux produits arrivent sur le marché au compte-gouttes.

Dans cette lutte à finir, différentes techniques ont été développées. Le recours à des températures extrêmes donne des résultats. De plus, l'industrie a vu arriver de nouveaux joueurs. Mario Lavigne a fondé l'entreprise PK-9, qui utilise des chiens pour détecter les punaises de lit.

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