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Nouveau matériau utilisé à Québec

Béton armé... de fibre de verre!

Louis Pageau, du service de la gestion des immeubles à la Ville de Québec.
© Jean-François Desgagnés Louis Pageau, du service de la gestion des immeubles à la Ville de Québec.

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La Ville de Québec laisse tomber la traditionnelle armature d'acier au profit de la fibre de verre dans certains ouvrages en béton. À peine plus chère, quatre fois plus légère et flexible. Et surtout... elle ne rouille pas!

Ces fameuses barres d'armature composite, faites de polymères renforcés de fibres de verre, ont été utilisées pour la réfection du stationnement souterrain de l'hôtel de ville. L'expérience s'est avérée concluante et les ingénieurs ont choisi de poursuivre avec la même méthode pour rénover le stationnement d'un HLM (La Chancelière) dans le quartier Saint-Roch, un projet de 1,6 millions de dollars.

« La plus grande détérioration qu'on a dans une dalle de béton, c'est la corrosion dans les armatures, mais avec ce produit-là, on élimine complètement le problème. Si on a un béton de bonne qualité, bien posé, on s'attend à une durée de vie qui va passer de 30 ans à 70 ans, donc on intervient moins souvent et les occupants sont moins gênés par les travaux », explique Louis Pageau, du service de la gestion des immeubles à la Ville de Québec.

Bien qu'il faille ajouter davantage de barres d'armature en choisissant la fibre de verre au détriment de l'acier galvanisé, la Ville sauvera de l'argent ailleurs dans le projet. On anticipe même des économies de 5 % pour le stationnement du HLM sur la rue du Roi puisque la pose d'une membrane et d'une couche d'asphalte ne sera pas nécessaire afin de protéger la nouvelle dalle.

Un produit québécois

Le produit, commercialisé sous le nom de V-ROD par l'entreprise Pultrall de Thetford Mines, semble si avantageux et révolutionnaire, selon les experts interrogés hier, qu'on peut se demander pourquoi le Québec hésite encore autant à l'adopter. Le reste du Canada (particulièrement l'Ontario) et les États-Unis l'utilisent depuis les années 90.

« Ce sont des matériaux qu'on commence à maîtriser ici et c'est avec les années et les expériences qu'on pourra l'étendre aux autres projets », a répondu Jacques Perron, le porte-parole de la Ville de Québec. « Je pense qu'on peut effectivement faire des projections que dans le futur, ces matériaux-là vont être utilisés beaucoup plus fréquemment au point de devenir conventionnels », a renchéri Louis Pageau.

« Les recherches ont permis de trouver des solutions aux principaux problèmes évoqués dans les dernières années et on trouvait que le niveau de risque était suffisamment bas (aujourd'hui) pour qu'on puisse recommander le produit. »

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