Sujet tabou

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Johanne Roy @

Journal de Québec, Publié le:

QUÉBEC - 

Marie-Michèle Lemaire n’est pas prête à jeter la pierre au Ritalin. Deux de ses enfants ont présenté un déficit d’attention et elle a elle-même été diagnostiquée pour la première fois, il y a deux ans.

 

« C’est tellement tabou de donner une médication à son enfant. Une fillette de 14 ans prenait chaque jour du Ritalin depuis sept ans sans le savoir. Ses parents lui disaient que c’étaient des vitamines! », rapporte Mme Lemaire.

Cette mère de quatre enfants dirige l’association PANDA de la Mauricie-Centre du Québec, un organisme de soutien aux parents dont l’enfant est atteint d’un TDAH.

« Des grands-parents disent à leur bru : ’’Tu vas droguer notre petite-fille.’’ Si l’enfant a des problème de vision, on lui fournit des lunettes. S’il est diabétique, on trouvera normal de lui donner de l’insuline. Pourquoi ne prendrait-il pas du Ritalin pour traiter son TDAH? », soulève Mme Lemaire.

Ses fils, qui ont aujourd’hui 17 et 18 ans, ont reçu leur premier diagnostic à l’âge de 5 et 6 ans. « J’avais l’impression d’être jugée. Grâce à la médication, j’ai vu leur estime de soi et leur apprentissage scolaire s’améliorer. Pour ma part, cela a changé ma vie. Il faut le vivre pour savoir ce que c’est », souligne Mme Lemaire.

Mais il n’y a pas que la médication. Une entreprise de Longueuil, FDMT, fabrique pour sa part des animaux calmants, lézard, grenouille, serpent, qui pèsent entre 1 et 2,5 kilos et que l’enfant place sur ses genoux, en classe. La présence de ces sortes de peluches lourdes favorise la concentration de l’enfant. Si bien, que plusieurs écoles et parents les ont adoptées et ne s’en passeraient plus.

 

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