Pour poursuivre sur sa lancée d’activités de son 60e anniversaire, le Théâtre du Nouveau Monde propose une comédie époustouflante, campée dans l’ambiance festive du Paris de la Belle Époque. Séduction, jalousie, désirs et même vengeance sont les principaux enjeux de la pièce, Le Dindon. Écrite en 1896 par Feydeau, l’histoire nous est racontée par une imposante distribution composée de 16 comédiens talentueux, dont Rémy Girard, Linda Sorgini, Véronique Le Flaguais, Alain Zouvi et signée par le metteur en scène Normand Chouinard. Tous les éléments sont réunis pour éblouir et amuser les spectateurs.
Trois hommes et trois femmes seront aux prises de différentes façons par des infidélités amoureuses. Des maîtresses prêtes à tout pour séduire ou pour se venger et les perpétuels combats de coqs feront partie du jeu. Mensonges, tricheries, duperies et adultère, c’est un peu tout ça Le Dindon, le tout joué sur une note joyeuse du genre Vaudeville.
« L’infidélité était bien présente à l’époque et rien n’a beaucoup changé depuis à cet égard », fait remarquer Rémy Girard qui personnifie Vatelin.
L’histoire se déroule à Paris en 1896 au moment où elle a été présentée pour la première fois. Il y aura bien un prétendant qui se retrouvera seul, ce sera le dindon de la farce, Pontagnac, dont la réputation de coureur de jupons n’est plus à faire, interprété par Alain Zouvi, qui prend plaisir à étaler sur la place publique ses conquêtes amoureuses. Il est de bonne connaissance avec Vatelin sans être les meilleurs amis du monde, d’autant plus que Pontagnac a fait des avances à sa femme, Lucienne, campée par Linda Sorgini. Le meilleur ami de Vatelin, c’est plutôt Rédillon, un véritable don Juan. On lui pardonne plus facilement puisqu’il est célibataire.
Une intrigue drôle et dramatique
Vatelin, contrairement aux autres, n’est pas un coureur de jupons. Marié, il est moins frivole que les personnages de son entourage.
« Il s’agit d’un homme très amoureux de sa femme, Lucienne. Vatelin a sauté la clôture qu’une seule fois dans sa vie », insiste Rémy Girard. C’était avec Maggy, alors qu’il se trouvait à Londres lors d’un voyage d’affaires. Croyant à une aventure d’un soir, Vatelin est loin de se douter qu’elle reviendrait hanter sa vie alors qu’il n’a jamais répondu à ses lettres et n’ayant émis aucun signe dans ce sens. « Il ne veut tout simplement pas entretenir une relation avec cette Londonienne, tenant à demeurer fidèle à sa femme », précise l’acteur.
Vatelin vivra des moments de détresse, d’autant plus que sa femme lui a juré que si jamais elle était trompée, elle n’hésiterait pas à le tromper à son tour.
« Pour Vatelin, cette histoire n’a rien d’une comédie, il est dans une situation dramatique. Il est coincé et tente de se sortir de cette mauvaise posture, mais comme il n’est pas très habile pour charmer les femmes, il va malheureusement s’enfoncer davantage, à mesure que la pièce avance », souligne Rémy Girard.
Se retrouvant devant un cœur fermé, Maggy décidera de menacer Vatelin et même de se venger, elle qui s’est rendue à Paris pour le séduire.
« Les personnages féminins de la pièce sont des femmes qui commencent à prendre leur place et à s’émanciper », révèle l’actrice Linda Sorgini. Une grande solidarité féminine va se créer entre Lucienne, la femme de Vatelin et Clotilde, la femme de Pontagnac. Elles voudront faire payer les hommes qui ont tenté d’être infidèles.
« Dans cette pièce, ce sont les réactions des femmes et des hommes dans des situations d’infidélité qui sont mises de l’avant », ajoute Rémy Girard. « Tout comme aujourd’hui, ces évènements n’étaient pas pris à la légère. »
Un beau défi
Bien que Rémy Girard a vécu une multitude de défis tout au long de sa carrière d’acteur à travers différentes productions, le rôle de Vatelin a représenté pour lui un défi différent. « Il s’agit somme toute, d’un personnage drôle principalement par sa naïveté, mais en même temps il vit un terrible drame personnel et de ce fait, représente l’aspect tragique de cette pièce comique. Vatelin va se trouver entraîné dans une histoire contre son gré. Jouer ce personnage, qui se trouve à être le contrepoint dans une comédie, est certainement un défi, mais c’est un défi intéressant », confie l’acteur.
À la fin du suspense, Vatelin est dévasté, d’autant plus qu’il sera victime d’une mise en scène cauchemardesque.
« De toutes les pièces de Feydeau, je crois que Le Dindon est la plus percutante, parce qu’il y a vraiment une étude de mœurs dans cette pièce beaucoup plus profonde que les autres. Les personnages ne font pas que courir en essayant de se tromper sans y parvenir », explique Rémy Girard.
Le dindon
Auteur : Georges Feydeau (1862-1921)
Mise en scène : Normand Chouinard
Avec : Rémy Girard, Linda Sorgini, Véronique Le Flaguais, Alain Zouvi, Carl Béchard, Adrien Bletton, Normand Carrière, Jean-Pierre Chartrand, Violette Chauveau, Guillaume Cyr, Alexandre Daneau, Marie-Pier Labrecque, Roger La Rue, Catherine Le Gresley, Danièle Panneton et Sébastien René
Du 17 janvier au 11 février
Théâtre du Nouveau Monde
Durée approximative : 2 h 30 (incluant deux entractes)