La chronique de Patrick Campeau

Un site remarquable

CA_PatrickCampeau

Patrick Campeau @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Un site remarquable

Photo LE JOURNAL de montréal

Pierre Lamothe avec un très beau mâle de 10 pointes abattu à la pourvoirie Western Trophy Outfitters.

Le Québec est un endroit qui propose un excellent potentiel de chasse, tout comme certaines autres provinces d’ailleurs.

Lorsqu’on tente de capturer des poissons ou des gibiers de belle taille, on a vraiment intérêt à exploiter des sites qui sont reconnus pour générer de beaux spécimens.

Si vous recherchez par exemple des dorés monstres, la baie de Quinte est tout indiquée, tout comme certains secteurs de l’Abitibi-Témiscamingue.

Si vous souhaitez plutôt taquiner de grosses mouchetées, le Nord-du-Québec est un secteur incroyablement productif tout comme plusieurs autres sites de la Belle Province.

Lorsqu’on fait allusion à des chevreuils qui arborent des panaches quasi démesurés, on pense à l’Ouest canadien et plus particulièrement à la Saskatchewan.

C’est d’ailleurs dans ce beau coin de pays que le record du monde de 213 5/8 sur l’échelle de Boone and Crockett fut capturé, par Milo Hansen.

Ce secteur de l’Ouest est incroyablement propice pour les cerfs trophées

Un précurseur

Claude Juteau, 37 ans, a toujours œuvré dans le domaine de la chasse et de la pêche. Alors qu’il était dans la vingtaine, il a été guide pendant plus de sept ans à l’île d’Anticosti, au caribou dans le Grand Nord, à l’ours dans plusieurs secteurs ainsi qu’à la pêche dans l’arrière-pays.

En l’an 2000, cet homme qui vit sur la Rive-Sud près de Montréal décide de partir à l’aventure afin de découvrir et d’exploiter le légendaire potentiel cynégétique des Prairies.

Étant un spécialiste et un passionné de chasse au cerf de Virginie et ayant participé à la production de quelques DVD, il oriente ses efforts en Saskatchewan.

En 2009, il est tellement émerveillé par ce coin de pays, qu’il décide d’y acheter une pourvoirie, déjà en opération depuis plus de 15 années, le Western Trophy Outfitters.

Depuis ce temps, il passe plus de trois mois par année à accueillir les clients qui viennent y tenter leur chance.

Particularités

Selon ce spécialiste qui a chassé partout au Québec, le secteur qu’il exploite dans l’Ouest est incroyablement propice pour les cerfs trophées car le sol est vraiment très riche.

De plus, selon les dires des agronomes, il semblerait que la qualité de la bouffe disponible sur place soit excellente, ce qui engendre de façon toute naturelle, des génétiques plus fortes, qui croissent plus, et plus rapidement.

Le ratio mâle et femelle est par surcroît très bien balancé, ce qui a un effet on ne peut plus positif sur les cheptels.

Au dire de M. Juteau, la densité de bêtes est très élevée, les territoires sont habituellement très vastes et la pression de chasse y est vraiment faible, du moins, dans le secteur qu’il exploite.

Peu de gens semblent savoir par surcroît que les hordes de chevreuils effectuent des migrations tout au long de la saison.

Parlons chasse

L’équipe de la pourvoirie gère plus d’une trentaine de sites, dont une vingtaine dans des miradors et les autres, dans des abris portatifs.

Plus de 25 caméras de surveillance sont continuellement en fonction.

Le personnel analyse des quantités astronomiques de photos chaque jour afin de savoir où se cachent les plus beaux spécimens et surtout pour tenter de détecter la présence des femelles en chaleur, qui ne manqueront de faire courir et réagir les mâles en quête de sensations fortes.

Claude Juteau peut donc aménager les sites en fonction des déplacements journaliers.

Plusieurs secteurs sont appâtés avec de la luzerne et une formulation toute spéciale mise au point au fil des temps. Il y a aussi des caches localisées à proximité des passes naturelles.

Le secret de la réussite

« Ne récolte pas un trophée qui le veut, mais plutôt qui en prend vraiment les moyens », explique Claude Juteau.

Il faut d’ailleurs s’attendre à passer de longues heures sur le terrain. Il faut que le client soit discipliné, motivé, patient et persévérant. Il faut en plus qu’il résiste à la tentation de se contenter d’un chevreuil de taille normale, que plusieurs qualifieraient de spécimen de très belle taille, au Québec.

Il faut aussi avoir un bon jugement quand vient le temps d’évaluer la taille des panaches.

Les chasseurs les plus conditionnés récolteront des bêtes qui peuvent se voir décerner entre 145 et 175 points sur l’échelle Boone and Crockett.

Sachez qu’un passionné y a récolté un monstre de plus de 204 points.

Même si certaines personnes étaient tentées de parcourir les 34 heures de route pour se rendre en Saskatchewan, afin de chasser sur des terres publiques, il faut retenir que vous devrez investir beaucoup de temps avant de vraiment trouver un site qui se démarque.

Belle expérience

L’automne dernier, lors de ma première journée, j’ai vu plus de 68 cervidés.

J’ai pu admirer des bucks qui avaient des panaches de quatre pointes, deux avec des six pointes et un autre de sept pointes.

Le lendemain, une trentaine de chevreuils se sont présentés au rendez-vous. J’ai résisté à la tentation de faire feu sur un huit pointes qui ferait rêver la plupart des chasseurs du Québec.

La troisième journée, après avoir vu 25 bêtes, j’ai assisté à un spectacle mémorable.

Un immense orignal est venu faire tout un spectacle et de nombreux sparages à proximité de ma cache.

Il cassait des arbres avec son panache de plus de 50 pouces et il le frottait dans les broussailles.

J’ai alors pensé que mes chances de voir des chevreuils seraient amoindries.

À ma grande surprise, un beau huit pointes est apparu moins d’une minute plus tard.

En le voyant, j’ai tout de suite eu l’impression que c’était le gros spécimen que je pouvais observer sur les caméras et j’ai tiré.

Malheureusement, c’était plutôt un cerf de taille normale.

Liens commandités