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Superbe portrait d’époque

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Denise Martel @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

MichelTremblay

© Photo René Baillargeon

Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges passe aisément du roman au théâtre.

À croire que l’œuvre de Michel Tremblay n’en finit plus de se renouveler. Après Les belles-soeurs, superbement adaptée en théâtre musical, Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges passe aisément du roman à la scène pour offrir un bijou de portrait d’époque.

Plus qu’un retour en arrière, c’est un plongeon dans la préadolescence avec tout ce que cela sous-tend de naïveté, de spontanéité et de petites jalousies de même qu’une incursion au cœur du Québec populaire du début des années 1940, totalement dominé par le pouvoir religieux et politique, que propose la pièce brillamment adaptée par Serge Denoncourt.

Dans la production présentée au Théâtre du Trident jusqu’au 11 février, il faut noter l’ajout des personnages de Marcel, le petit frère de Thérèse, et de son inséparable chien invisible, Duplessis, à la demande de Gill Champagne, metteur en scène et directeur artistique du théâtre.

Approuvé par Michel Tremblay, la présence des deux personnages, bien que secondaires et merveilleusement interprétés par André Robillard et Patrick Ouellet, apporte une autre dimension à la pièce en permettant une meilleure compréhension du milieu dans lequel grandit Thérèse (Claudiane Ruelland).

Quatre fantastiques

Si la gamine connaît ses premiers émois amoureux juste à regarder Gérald (Jean-Pierre Cloutier), de neuf ans son aîné, sans trop savoir à quoi s’attendre, la pièce nous la montre surtout à l’école dans ses relations avec sa grande amie Pierrette (Maryse Lapierre) et Simone (Chantal Dupuis), au lendemain d’une opération pour corriger son bec-de-lièvre, pendant que Lucienne (Édith Patenaude) les envie...

Soit dit en passant, on n’a aucune difficulté à croire à leur juvénilité et à embarquer dans leurs confidences et combines de toutes sortes. Les quatre sont fantastiques!

Autour d’elles, l’omniprésence des religieuses avec tous les sentiments qui les animent et la guerre ouverte que se livrent l’autoritaire et mesquine mère Benoîte des Anges (Denise Verville) et sœur Sainte-Catherine (Marie-Josée Bastien), titulaire des gamines, coincée entre sa vocation d’enseignante et celle de religieuse.

Pièce d’anthologie

La mise en scène de Champagne, soutenu par une ingénieuse scénographie de Jean Hazel, qui permet de passer instantanément d’une situation et d’un lieu à l’autre, est rythmée, efficace et joyeuse. On ne compte par les moments où le public rit de bon cœur. Le sermon que sert la mère de Simone (Linda Laplante) à mère Benoîte des anges est un véritable morceau d’anthologie. Au point de provoquer les applaudissement deux fois plutôt qu’une. Du rarement-vu.

La distribution est franchement exceptionnelle et la direction d’acteur impressionnante. Le texte de Michel Tremblay est comme toujours aussi savoureux que coloré. À la fois drôle, dramatique et touchante, Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges a quelque chose de jubilatoire. Un plaisir sur toute la ligne. À voir absolument!

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