Le Ring

Accueil tiède de la critique

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Marie-Joëlle Parent

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Accueil tiède de la critique

Photo courtoisie

Trop simple pour certains, trop ambitieuse pour d’autres, la scénographie de Robert Lepage n’a pas fait l’unanimité.

NEW YORK - 

La conclusion du Ring de Wagner mis en scène par Robert Lepage reçoit un accueil tiède et mitigé de la part des médias new-yorkais. La première du Crépuscule des dieux a eu lieu au Metropolitan Opera vendredi soir. Survol des critiques.

La critique la plus positive provient du New York Times. Le journaliste Anthony Tommasini trouve que ce 4e volet (Götterdämmerung) est le mieux exécuté de la tétralogie wagnérienne.

« Cet opéra reflète le mieux la vision de M. Lepage parce qu'il a simplifié l'utilisation de la scène et réduit ses transformations ». Il fait référence à cette scène gigantesque conçue par Carl Fillion. « On peut ainsi se concentrer sur l'excellente performance musicale ». Il suggère même que les trois premiers opéras soient simplifiés à l'image du 4e. Tommasini salue aussi les costumes « réalistes » du Québécois François St-Aubin.

La scène critiquée

La scène est faite de 24 pales géantes qui tournent autour d’un axe pour former les différents décors. Elle pèse 45 tonnes et a nécessité des travaux de rénovations de centaines de milliers de dollars. La scène a été la cible des critiques depuis le début à cause des bruits de sa mécanique (qui se sont amenuisés au fil de l'aventure), mais aussi parce que certains puristes craignaient qu'elle ne vole la vedette aux chanteurs.

Le cycle au complet, d'une durée de près de 14 heures, sera présenté en avril et mai prochain. Seul Robert Lepage sera présent. Le premier opéra L'Or du Rhin avait ouvert la saison du Met en septembre 2010. La production est évaluée à 16 M$, soit la plus coûteuse de l'histoire du Met.

Scénographie trop simplifiée

Le critique de L'Associated Press est pour sa part déçu de la version de Lepage et trouve qu'il a au contraire trop simplifié la scénographie, surtout au point culminant du spectacle.

Il fait référence au moment où les Filles du Rhin reprennent possession de l'anneau de pouvoir. Le Rhin déborde, le Walhalla brûle et les dieux périssent pour faire place à un Nouveau Monde. « Au lieu d'un point culminant, on a plutôt droit à une déception ».

The Classical Review publie une critique mixte. On souligne la fluidité des projections vidéo qui appuient bien la musique de Wagner, mais on dénonce le manque de direction de la part de Lepage « qui a trop misé sur de vagues métaphores pour la scénographie ». Le critique trouve aussi que la finale était décevante et même comique.

Le site Theatermania.com a trouvé que la version de Robert Lepage était une digne conclusion au cycle du Ring, malgré son « bricolage maladroit » (unfortunate tinkering). Le critique aurait voulu voir une utilisation plus aventureuse des pales de la scène pour cette grande finale. Il termine sa critique avec une conclusion intraitable : « Lepage peut être magistral, mais sa version du Ring est plutôt un acte d'auto-immolation ».


► Le Crépuscule des dieux (Götterdämmerung) sera présenté dans les cinémas à travers le monde, dont le Canada, le 11 février à midi.

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