Le fric du «caquistador»

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Michel Hébert @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

C’est mal parti pour la CAQ. Et pour le « caquistador » François Legault, dont les activités de financement font la manchette depuis plusieurs jours.

En fait, depuis le début de l’année, l’image de la CAQ transmise au grand public n’est pas très positive, n’en déplaise aux avocats et aux comptables charmés par les idées caquistes, idées pourtant peu nombreuses et dont on ne parle malheureusement guère.

Après la turbulente défection de François Rebello (qui donne déjà des maux de tête aux caquistes en organisant ses propres activités de presse), la Coalition Avenir Québec a distribué une liste de donateurs comportant plusieurs renseignements personnels. Des fichiers Excel n’avaient pas été nettoyés...

Tout le Québec

C’est Peter White qui doit être content de voir son gmail connu de tout le Québec. D’autres, comme Jean-François Simard, ont eu la prudence de ne pas indiquer leur adresse. Quand on donne seulement 250 $, on ne souhaite peut-être pas avoir de visite...

Mais si cette première expérience a été douloureuse, tout ce beau monde aura droit à une seconde minute de gloire, parce que les collaborateurs du « caquistador » publieront une seconde liste de donateurs dans quelques semaines, une fois que les erreurs, les coquilles et les noms « pas rapport » en auront été retirés.

Coupable du pire...

Au PQ, on ne badine pas avec les erreurs de la CAQ. Jeudi, un communiqué précisait que le parti de François Legault avait eu recours à des « prête-noms pour se financer ». Les libéraux aussi ont fait la moue devant les écarts de la CAQ. Mais parler d’un « système » est peut-être exagéré, mais en politique, l’adversaire est toujours coupable du pire...

Il est vrai que François Legault nous a fait croire que la Coalition pour l’avenir du Québec n’était qu’un OSBL inoffensif, un regroupement de gens bien intentionnés, purs et pas durs du tout. Des centaines de personnes ont donné du fric à cette organisation au cours de multiples activités de financement en 2011.

Une fois l’opinion publique bien ramollie, cette organisation sans but lucratif (OSBL), apparemment aussi anodine que le FRAPRU, s’est métamorphosée en parti politique, la Coalition Avenir Québec.

Le compteur à zéro

La Loi sur le financement des partis politiques étant ce qu’elle est, les centaines de milliers de dollars collectés avant la métamorphose ne comptent plus; le compteur est donc remis à zéro… C’est tout à fait légal, admet le Directeur général des élections, même si l’impression contraire est colportée par les médias ces jours-ci.

Mais alors? Est-ce que les comptables et les avocats qui ont donné 1 000 $ à l’OSBL ont le droit de donner encore 1 000 $ au parti? Oui, ils le peuvent, ce n’est pas illégal. Ça ne respecte pas l’esprit de la loi, d’accord, mais les bons sentiments de ceux qui espèrent des contrats gouvernementaux ne sont pas faciles à contenir...

Examen attentif indispensable

François Legault n’aurait jamais dû autoriser la publication de la liste des donateurs à l’OSBL. En tout cas, pas avant l’avoir fait vérifier et revérifier. Il y a eu tellement d’exemples farfelus dans le passé qu’un examen plus attentif qu’à l’accoutumée était indispensable. M. Legault aurait dû savoir que ce document serait passé au crible. Il aurait dû deviner aussi que les avocats libéraux sont nombreux et qu’ils se feraient une joie de montrer qui de leurs pairs ont contribué à la caisse caquiste...

Les péquistes et les libéraux n’ont donc pas eu à faire un grand effort pour trouver à redire. Qu’une quarantaine d’avocats travaillant dans la même boîte que le patron du financement de la CAQ, Mario Charpentier, ça paraît mal, c’est le moins qu’on puisse dire. Pour certains médias, c’est pire qu’un week-end à Sagard, chez le milliardaire Desmarais...

Tôle froissée

Le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, a peut-être eu l’impression d’être à Beauport, jeudi, alors que sa limousine a été démolie par un déneigeur apparemment inattentif. Stationnée devant l’entrée habituelle de l’Hôtel du Parlement, la limousine de M. Gignac a percuté une automobile tellement l’impact a été puissant. Mais le ministre peut se consoler. Dans le rectangulaire arrondissement de Beauport, à Québec, les souffleuses conduites par les cols bleus bouffent parfois des bagnoles. Une Hyundai Accent a failli être avalée l’autre jour. Peut-être parce qu’elle avait la couleur de la neige… : grise.

Le jeu du siège social

Vous savez de quoi on parle sur la Colline? On se moque des libéraux, bien sûr. Des lignes de presse qu’on leur donne. Des réponses idiotes comme celles-ci : « Oui, je suis en forme »... Mais on parle aussi pas mal du futur siège social de la Société du Plan Nord, dont la loi constituante est discutée en commission parlementaire cette semaine. Les péquistes tentent bien de savoir où les emplois atterriront. Des emplois de qualité, full sécurité d’emploi et régime de retraite gratiné… Claude Pinard, qui n’a pas la langue dans sa poche, croit que le gouvernement maintient le suspense pour une raison bien simple : « C’est pas compliqué. Ils disent aux maires : donnez-moi un comté, on va vous donner un siège social. »

Prompt rétablissement

Victime d’un malaise cardiaque récemment, la députée de Mégantic-Compton Johanne Gonthier est au repos forcé pour quelque temps. On lui offre nos meilleurs vœux de prompt rétablissement. Idem pour Stéphane Bergeron, député de Verchères, qui s’est blessé sérieusement à une épaule en chutant de l’estrade, au conseil national du PQ. Il a fait un pas de trop pour faire de la place à des gens qui voulaient être photographiés.

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