Un collier protecteur

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Jean-Jacques Samson @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

Le coefficient de résistance au changement est toujours extrêmement élevé au Québec. Il se manifeste cette fois contre l’implantation de compteurs «intelligents» par Hydro-Québec.

Notre société d’État est pourtant loin d’être le premier distributeur d’énergie à mesurer à distance la consommation de ses clients. Des compteurs «intellligents» sont en voie d’implantation en Europe. L’Italie fut la précurseure. Entre 2000 et 2005, de tels compteurs ont été installés pour 27 millions d’abonnés. En France, l’objectif est que 35 millions de clients soient ainsi équipés avant 2021.

L’Union européenne a fixé aux états membres un objectif d’installation auprès de 80 % des foyers d’ici 2020 et de 100% d’ici 2022.

En Australie, l’objectif est de 100 % des foyers pour 2013.

Au Canada, l’Ontario nous a précédés.

Abolition de postes

Le Syndicat des employés de techniques professionnelles et de bureau d’Hydro-Québec a d’abord lancé une campagne publicitaire pour dénoncer l’installation de «compteurs en or» par la société d’État, laissant entendre qu’il s’agissait d’un pur gaspillage d’argent. Le syndicat vise évidemment à préserver les 700 postes menacés d’être abolis à la retraite de leurs détenteurs.

Le syndicat ne fait aucun cas, bien sûr, que la lecture à distance des compteurs élimine la facturation basée sur une simple estimation de la consommation et réduit les coûts de la relève à pied.

Cette technologie permet également d’inciter à économiser l’énergie par la fixation de prix différenciés, selon la période la journée et la saison, mais Hydro-Québec n’irait pas jusque là dans un avenir prévisible pour ne pas soulever la grogne des consommateurs.

Il lui faudrait, de toute façon, obtenir l’autorisation de la Régie de l’énergie. De plus, le gouvernement en paierait un prix politique de la part de clients frustrés et, comme il demande des dividendes toujours plus élevés à sa société d’État locomotive, l’économie d’énergie n’est pas sa priorité.

Atteinte à la santé

Après l’argument de la dilapidation d’un milliard de dollars, est sorti celui de la menace pour la santé des gens en raison des ondes émises par l’appareil. Le Québec sera pollué par les champs électromagnétiques, prétend-on. Les compteurs émettraient des radiofréquences nocives pour la santé humaine, selon la nouvelle Coalition québécoise de lutte contre la pollution électromagnétique, formée en octobre 2011, et «peut-être cancérogènes pour l’homme», comme nos téléphones sans fil.

Or les ondes produites par les compteurs sont 10 000 fois inférieures aux normes de Santé Canada. Leurs émissions seraient marginales par rapport à la radio FM, aux réseaux de communication sans fil et à la télé numérique.

Tous les opposants aux compteurs «intelligents» d’Hydro-Québec ne possèdent évidemment rien de tout cela, devrait-on croire.

Certains vivent, comme leur porte-parole, au fond d’un rang, loin de toutes les formes de pollution urbaine, à faire de la musique, écrire des livres ésotériques sur un monde meilleur et ils mangent des aliments bio qu’ils cultivent dans la plus grande simplicité volontaire.

Mais pour d’autres, que les activités syndicales retiennent à la ville, plutôt que d’exiger un moratoire de plus, je leur suggère de porter un collier Pur Noisetier. Ses ondes bombarderont celles émises par les compteurs et les neutraliseront.

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