Culture et médias

Hard, la série qui dure...

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Sophie Durocher @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

 La télé publique canadienne n’a pas à rougir d’avoir acheté cette série, qui a une presse fabuleuse et qui a gagné des prix à l’étranger ».

J’ai parlé, hier, au distributeur qui a vendu la série française Hard à Radio-Canada. Il a pris la défense du diffuseur public, attaqué ici pour avoir diffusé la série sur tou.tv.

Frédérik Rangé, de The Box Distribution, a refusé de me dire combien Radio-Canada avait déboursé pour cette série qui se déroule dans le milieu des films pornos. Il n’a pas tari d’éloges pour Hard, « une des meilleures séries produites en France au cours des dernières années  ».

Mais il a quand même reconnu que le choix de la SRC de présenter cette série explicite sur Internet, où elle est accessible à tous, était délicat. « C’est la responsabilité du diffuseur de programmer en tenant compte du public qui est à l’écoute ».

Une des meilleures séries produites en France au cours des dernières années

PORNO INC.

Monsieur Rangé semblait fort surpris de la controverse qui sévit au Canada. Selon lui, Hard est une comédie et non pas une série à caractère pornographique. « Le regard qu’on pose sur la nudité peut être drôle ou érotique. Dans Hard, il n’y a que de l’humour. »

Il m’a confirmé que Hard connaît un succès fabuleux à l’étranger.

« On a vendu le format en Allemagne, où ils en ont fait un téléfilm. Ça a été diffusé en prime time sur Sat 1, en septembre, et ça a fait rire trois millions de téléspectateurs ».

Sa compagnie a vendu les droits de Hard aux États-Unis où une équipe de production s’affaire déjà à un remake.

« Nous l’avons vendue en Chine et en Corée du Sud, des pays qui ne sont pas réputés pour être très ouverts sur la nudité. »

En tout, elle a été achetée dans une vingtaine de pays et la quatrième saison est déjà en écriture pour diffusion sur Canal +, en France.

En plus, la minisérie a remporté des prix, au Roma Fiction Festival, en 2008, et en 2009, au New York Festival.

GROSSE PUTE 5

Récemment, un chroniqueur donnait son opinion sur Hard en avouant… ne pas avoir vu la série ! Moi, j’ai fait mon travail, j’ai regardé des épisodes avant de donner mon opinion.

J’ai été abasourdie de voir des scènes sexuelles aussi explicites dans une fiction : fellation, trip à trois, et orgies diverses.

D’accord, on ne voit jamais d’organes génitaux. Mais les personnages utilisent le vrai vocabulaire de la porno : « double fist fuck et triple pénétration ».

Hard aurait très bien pu être diffusée, par exemple, sur les ondes de V, à une heure où les enfants sont couchés. Mais pas sur tou.tv, entre deux épisodes de Second regard !

Et tous ceux qui crient à la censure du gouvernement conservateur, j’aimerais savoir comment ils auraient réagi si leurs ados, en se promenant sur tou.tv, étaient tombés sur une scène de tournage du film Grosse Pute 5 ou sur le dialogue suivant : « je prends une douche, je me rase la bite et je reviens ».

C’est quand même bizarre de voir des journalistes qui dénoncent habituellement l’hypersexualisation des médias applaudir « l’audace » de Radio-Canada quand elle diffuse des scènes d’orgie sur Internet.

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