Jeunesse

Accès facile au tabac

Stéphane Sinclair / Agence QMI

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Photo Stéphane Sinclair / Agence QMI

Les jeunes réussissent à se procurer du tabac malgré la loi qui régit la vente de cigarette et l’interdit aux mineurs.

DEUX-MONTAGNES – Malgré les lois et les campagnes antitabac, les jeunes ont facilement accès au tabac, comme il a été facile de constater dans les zones fumeurs des cours d’école.

Pendant les récréations dans les écoles secondaires, il y a toujours une multitude de jeunes qui se massent dans les endroits prescrits pour aller fumer. Les écoles leur ont aménagé un endroit approprié puisqu’il ne leur est pas interdit de fumer. Par contre, il est interdit de vendre du tabac à des mineurs. Mais comment les jeunes font-ils pour se procurer des cigarettes? Les réponses sont surprenantes.

«C’est ma mère qui me fournit les cigarettes, a expliqué un adolescent. Elle n’aime pas vraiment cela, mais elle préfère me les fournir que de me voir quêter ou voler pour m’en procurer.»

Un autre jeune de la Polyvalente Deux-Montagnes a expliqué qu’il se procure ses cigarettes chez les commerçants mohawks. Il portait fièrement une tuque avec le motif des «Warriors». Plusieurs jeunes rencontrés ont mentionné que c’était des adultes qui leur achetaient leurs cigarettes. Dans bien des cas, les adultes ne connaissaient pas les jeunes.

«Chaque fois, je trouve quelqu’un pour m’acheter mes cigarettes, a expliqué l’un d’eux. Ça peut me coûter un pourboire. Je vais donner des cigarettes à l’adulte. Certains dépanneurs en vendent aux jeunes.»

La vingtaine d’élèves rencontrés à la récréation de la polyvalente Deux-Montagnes ont tous affirmé qu’il était facile de s’en procurer.

Un gardien de sécurité qui désire garder l’anonymat a expliqué que les étudiants de la polyvalente se trouvaient près du territoire de Kanesatake. Mais aucun jeune rencontré ne semblait avoir de cigarettes de contrebande.

Oka

Même constat à la polyvalente d’Oka. Les jeunes réussissent à se faire acheter les cigarettes. «Mes parents préfèrent me les acheter. Ils sont moins nerveux. Vous voudriez qu’ils fassent quoi? Vous feriez quoi à leur place?» a questionné l’un d’eux.

Sur 1200 étudiants, seule une poignée d’irréductibles fumeurs ont bravé le froid mercredi. Dans tous les cas, les étudiants doivent marcher plusieurs centaines de mètres avant de pouvoir en allumer une et il y avait de la surveillance en permanence lors de notre visite.

Pour les groupes antitabac, le gouvernement doit en faire plus. «Les statistiques démontrent qu’environ 15 % des commerçants ne respectent pas la loi de façon volontaire ou non, a expliqué Flory Doucas, de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. Il est interdit de vendre des cigarettes à un adulte lorsque l’on sait que l’adulte va les remettre à des mineurs. Il faudrait limiter le nombre de points de vente. Si les gens devaient faire plusieurs kilomètres pour acheter des cigarettes, cela en dissuaderait plusieurs.»

Cette dernière persiste et signe. «Nous sommes mûrs pour une hausse des taxes, a-t-elle conclu. La lutte à la contrebande fonctionne.»

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