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Alain Delisle tué malgré une ordonnance de la cour
Photo Le Journal de Québec, Stevens Leblanc
Accusé de voies de fait envers Alain Delisle en novembre 2011, Richard Vallée n’a pas respecté l’interdiction de contact avec sa présumée victime, qu’il aurait finalement assassiné, mardi soir, dans le quartier Saint-Sauveur.
Delisle, un voisin, n’a pas pu se protéger de son agresseur malgré la condition imposée par le tribunal.
Le 26 novembre dernier, Vallée avait été accusé de voies de fait pour un événement survenu la veille. L’avocat Herman Bédard a confirmé qu’il s’agissait des deux mêmes individus.
« J’en veux tellement à la police, parce qu’elle savait que Richard Vallée faisait du trouble à tout le monde dans le quartier et qu’il harcelait verbalement les gens. Malgré cela, les policiers disaient qu’il n’était pas dangereux, juste un peu fucké », a dit l’une des voisines des deux hommes, avec les yeux remplis d’eau.
La femme a ajouté que la victime l’avait défendue à quelques reprises, lorsqu’elle-même se faisait agresser verbalement par l’accusé.
« Il se mettait en avant de ma porte. Il m’insultait, il accusait gratuitement plein de monde. Ça me fait ch... La police n’a rien fait! Ça a pris dix-huit chars de police pis un mort pour qu’elle se réveille! »
« Bon gars »
Alain Delisle travaillait comme préposé aux bénéficiaires, en plus d’être un aidant naturel pour son voisin immédiat en perte d’autonomie.
« Depuis dix ans, Alain avait arrêté de boire. Il s’occupait de M. Gaston, à qui il a déjà sauvé la vie. Il travaillait à temps plein. Vraiment triste », a dit Rémi Morin.
Au sujet de l’accusé, peu de témoignages élogieux ont été entendus. Plusieurs voisins croyaient d’ailleurs qu’il avait peut-être des problèmes de santé mentale.
« Il avait l’air un peu schizophrène et il se pognait souvent avec le monde dans le coin », a dit un citoyen qui ne voulait pas être identifié.
Lourdement judiciarisé, l’homme de 52 ans fait face à cinq chefs d’accusation, dont meurtre prémédité, avoir eu en sa possession une carabine de calibre 308 et s’être trouvé en présence de sa victime malgré une interdiction.
Lors de sa comparution en après-midi, l’homme est demeuré impassible. Le juge André Plante a ordonné sa détention provisoire.
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