La Confédération des syndicats nationaux (CSN) croit, elle aussi, que le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement Michael Sabia doit s'expliquer au sujet de ses vacances familiales passées en août dernier dans le luxueux domaine de Sagard appartenant à la famille Desmarais.
«Ce n'est peut-être pas grave, mais M. Sabia a des comptes à rendre. Même s'il est indépendant de fortune, il gère les économies des gens du Québec, de nos retraites», a souligné le président de la centrale, Louis Roy.
Ce dernier est susceptible de remplacer Claudette Carbonneau, ancienne présidente de la CSN, au conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement. Le mandat de Mme Carbonneau devrait se conclure dans quelques mois.
«Si moi j'allais deux jours à Sagard chez les Desmarais, je suis convaincu que les membres de la CSN auraient évidemment des questions triviales, comme ce que j'ai mangé, ce que j'ai bu. Mais ils voudraient surtout savoir ce que je faisais là», a poursuivi M. Roy.
Étant à l'extérieur du pays, Mme Carbonneau n'a pas pu commenter le dossier. Mais elle n'est jamais allée à Sagard, nous a-t-on affirmé.
L'autre grande centrale, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), qui souhaite aussi avoir son siège au conseil à la Caisse de dépôt, n'a pas souhaité s'exprimer sur la question.
Encore dans l'arène politique
Selon la chef du Parti québécois, Michael Sabia aurait dû passer son tour lorsqu'est venu le temps d'aller à Sagard. «Comme président, il doit exercer un devoir de réserve», a souligné Pauline Marois.
«Aurait-il dû s'abstenir?», a demandé un journaliste. «Moi, je crois que oui, il aurait dû s'abstenir», a répondu du tac au tac Mme Marois.
Le PQ a proposé une commission parlementaire spéciale afin que M. Sabia puisse s'expliquer, une demande balayée par le gouvernement libéral. Le porte-parole péquiste des finances ne s'est pas montré surpris. «On a entendu hier (mardi) M. Fournier (le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier) retourner cela comme si ce n'était pas important. Nous, ça nous en dit beaucoup sur les standards éthiques du gouvernement libéral», a estimé Nicolas Marceau. Québec Solidaire s'est montré encore plus corrosif. «Si M. Sabia ne sait pas qu'il y a un manquement au code de déontologie et à l'éthique, c'est un manquement grave, de jugement et de compétence», lui a reproché Amir Khadir.