François Legault promet de provoquer des conflits qui pourraient coûter cher au Québec sur les plans économique et social, croit le ministre des Finances du Québec Raymond Bachand.
Même si les conventions collectives avec les syndicats sont signées, un gouvernement Legault pourrait rouvrir lesdites conventions collectives au risque de perturber la paix sociale, a signifié M. Bachand en point de presse ce matin. «Quand vous vous retrouvez avec des grands conflits et du désordre, il y a un coût pour les citoyens et les services publics. Nous, notre approche, c’est de négocier et de s’entendre.»
Le gouvernement Charest a choisi de négocier avec les syndicats représentants les employés des secteurs public et parapublic et conclu une entente satisfaisante (de cinq ans) pour les deux parties, a plaidé M. Bachand en substance. «Je salue les 500 000 employés de l’État qui ont fait un partenariat dans lequel nous allons partager les avantages d’un budget équilibré. Ils ont accepté des augmentations de salaires plus faibles et si la croissance économique est plus élevée que prévu ils auront leur part (...) M. Legault est parti en croisade, nous on est partis pour développer le Québec dans l’harmonie», a dit M. Bachand.
«Le feu aux poudres»
Par ailleurs, les députés péquistes ont eux aussi cassé du sucre sur le dos de la CAQ. «J'étais assez étonnée des propos qu'il a tenus cette semaine. Dans le passé, moi je m'en souviens très bien de lui sur la question des contrats de performance où une parole donnée, ça devait être respecté, il a viré capot?», a ironisé Mme Marois.
Agnès Maltais, porte-parole de l'opposition officielle en matière de Santé, a renchéri: «Je me souviens de François Legault qui avait signé des contrats de performance et il s'est battu avec tout le conseil des ministres en disant : "jamais le gouvernement ne doit renier sa signature (...) Il propose exactement le contraire. C'est dans la ligne des virages à 180 degrés de cette équipe.»
«Depuis les années 70, le climat des relations de travail au Québec s'est considérablement amélioré. À l'époque, le Québec était un endroit où il y avait beaucoup plus de grèves et de conflits qu'ailleurs au Canada mais aujourd'hui ce n'est plus le cas. J'ai peur qu'en mettant le feu aux poudres comme il entend le faire, qu'il crée un mauvais climat de relations de travail et qu'ultimement, la croissance économique québécoise soit mise en péril», craint le député Nicolas Marceau.
Pauvreté
Par ailleurs, Raymond Bachand reçoit avec un grain de sel l’étude menée par le professeur de l’École des hautes études commerciales (HEC), Martin Coiteux, qui fait état du retard économique accusé par le Québec comparativement aux provinces de l’Ontario et de l’Ouest canadien. Le Produit intérieur brut c’est une chose, mais si on regarde le revenu disponible des gens, le Québec a progressé. Il y a un rattrapage à faire mais il faut aussi prendre en compte le coût de la vie. Vous en avez plus pour votre argent au Québec qu’à Calgary», a conclu M. Bachand.