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Les CPE et la Comédie-Française !

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Guy Fournier

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

En lisant, mardi, les demandes syndicales des travailleuses des centres de la petite enfance, je n’ai pu m’empêcher de penser au personnel de soutien de la Comédie-Française. Vous vous demandez sûrement quel est le rapport entre ces personnes qui accomplissent des tâches si différentes ? Alors que les unes veillent sur les enfants que les parents laissent dans les garderies, les autres transportent et montent des décors, rangent des costumes ou peignent des perruques.

Là où ces deux groupes de travailleurs se rejoignent, c’est qu’ils sont convaincus que leur travail n’a pas de prix tellement il est essentiel. Les enfants ne sont-ils pas l’avenir de la nation ? Vous ne les laisseriez probablement pas entre les mains d’un ingénieur –surtout celui qui a planifié la réparation des fameux paralumes-, entre celles de Scott Gomez, qui gagne pourtant plus de 7 millions $, ou à la ministre de l’Éducation elle-même. Après tout, que je sache, elle n’a jamais eu d’enfants ! Faudrait-il pour autant donner sept millions  $ ou un salaire de ministre ou d’ingénieur à chaque travailleuse de CPE ?

À la Comédie-Française, le personnel de soutien arrive aux mêmes conclusions que nos travailleuses des CPE. Sans lui, pas de décor, pas de costumes, pas de perruques, donc pas de spectacle ! La preuve, le personnel de soutien a fait la grève durant trois semaines pendant le temps des Fêtes et on a annulé les spectacles pour les remplacer par des lectures. Comme rien n’est possible sans ces artisans, il faut donc les rémunérer comme les acteurs eux-mêmes.

Le plus extraordinaire, c’est qu’ils ont déclenché la grève au moment même où on ouvrait le « théâtre éphémère », une salle temporaire de quelques millions de dollars, construite au Palais-Royal, afin que le personnel ne soit pas au chômage pendant qu’on rénove la salle habituelle de la Comédie-Française.

Même s’il a des conditions exceptionnelles, de longues vacances, des congés fériés à ne plus finir, une semaine de travail d’environ 32 heures et qu’il partage une tranche des bénéfices, le personnel de soutien de la Comédie-Française en veut encore plus. Solidarité oblige, puisque 100 % du partage est déjà alloué, le personnel de soutien veut qu’on rogne sur les pourcentages alloués aux comédiens afin d’en avoir davantage pour lui !

Voilà un truc auquel la CSN n’avait pas pensé. Pourquoi ne pas rogner sur le salaire des enseignants pour en donner plus aux travailleuses des CPE ? Après tout, ce sont les enseignants qui bénéficieront plus tard du labeur qu’elles auront déployé à « éveiller » nos enfants en leur apprenant des comptines et en veillant sur leur sieste de l’après-midi.

BIRKIN À OTTAWA

Demain soir, au théâtre français du Centre national des Arts, Jane Birkin interprète La sentinelle, un texte poétique que Wajdi Mouawad a écrit pour elle. Elle l’avait interprété à Avignon, les 14 et 15 juillet 2009.

JUGE EN DEMANDE

Notre chorégraphe québécois JEAN-MARC GÉNÉREUX était juge de Dancing with the Docs au Métropolis, samedi soir dernier. Pour une bonne cause, nos médecins s’étaient mis à la danse sous la direction de Jean-Marc, juge en chef de Danse avec les stars à TF1.

TRISTE NOUVELLE

ANDRÉANNE LAFOND, avec qui j’ai travaillé à l’émission quotidienne Carrefour à la SRC et qui participa durant plus de sept ans à l’émission Aujourd’hui, est morte, le 29 janvier, à 91 ans. Andréanne, qui a toujours été pigiste comme son amie Judith Jasmin, a vécu ses dernières années à la limite de la pauvreté.

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

On n’est jamais aussi indispensable qu’on le croit !

 

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