La Fondation Suicide Action Montréal et sa porte-parole Lise Dion ont procédé mercredi soir au lancement de la chanson officielle de la 22e semaine de prévention du suicide, actuellement en cours, dans un Petit Medley bondé d’invités.
Simplement intitulée Ces mots, la pièce est devenue l’hymne du regroupement montréalais après que sa créatrice, la jeune auteure-compositrice Geneviève Morissette, fut entrée en contact avec les dirigeants de l’organisme pour leur proposer d’associer son morceau à la cause.
Il n’aura suffi que de quelques jours pour qu’une entente soit conclue et, depuis, l’air tourne a la radio et est disponible en téléchargement sur le site internet de la fondation. Pour chaque unité vendue, 0,50$ sont alloués à la prévention du suicide.
«J’ai écrit cette chanson d’un trait et, quand j’ai vu le résultat, je me suis dit qu’on y trouvait un propos universel, qui pourrait servir une cause», a raconté Geneviève Morissette, qui travaille actuellement à l’élaboration de son premier album et qui a fait ses premières armes dans des concours comme Ma première Place des Arts et le Festival en chanson de Petite-Vallée.
«La chanson parle des mots qu’on a de la misère à dire, a encore martelé celle qui a été confrontée au suicide d’une amie lorsqu’elle était adolescente. Il faut parler et dire qui on est, en vérité. Il faut avoir le courage de briser les tabous, de parler de ce qui ne tourne pas rond dans nos vies. L’un des facteurs suicidaires, c’est l’isolement. Donc, il ne faut pas hésiter à se confier. Je comprends les gens qui ne voient pas d’autres solutions et qui passent à l’acte, mais il faut se dire que c’est seulement un moment à passer.»
Chiffres inquiétants
Selon Virginie Bussières, directrice du développement philanthropique de Suicide Action Montréal, le taux de suicide du Québec demeure alarmant : environ trois personnes par jour mettent fin à leur vie dans la province, pour un grand total de 1200 suicides par année.
«Il y a toujours du travail à faire, a souligné la jeune femme. Le message à retenir, c’est que le suicide n’est pas une option. Il faut demander de l’aide et briser le silence. On peut tous devenir un maillon du filet de sécurité qu’on tisse autour des personnes vulnérables. C’est important d’en parler, et de le faire d’une manière préventive.»
Madame Bussières invite d’ailleurs les personnes en détresse à téléphoner au 1 (866) APPELLE, une ligne confidentielle et disponible 24 heures sur 24, sept jours sur sept, où des gens adéquatement formés pourront répondre à leurs besoins.
Liée à la fondation depuis deux ans, Lise Dion se dit justement impressionnée par le travail accompli quotidiennement par ces bénévoles qui donnent de leur temps pour aider les autres.
«Seulement pour être bénévole, ça demande 400 heures de formation! 400 heures pour aider les gens en détresse, a insisté l’humoriste. Moi, je suis épatée par cette association. Le suicide m’a vraiment touchée beaucoup; moi, j’ai failli le faire, mais quand j’ai pris conscience que le Québec a un record très triste de taux de suicide, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. Quand on est malheureux, c’est difficile de croire que ça va aller mieux, mais il faut arriver à traverser ça.»