Loin des yeux, loin du cœur... Cela ne s’applique pas pour la nation crie de la Baie-James qui, malgré sa position éloignée géographiquement, partage la même flamme pour son sport national.
« Il n’y a pas de sport plus populaire chez les nations cries de la Baie-James que le hockey », lance le gérant des Beavers de la Baie-James, Charles J. Beaver, qui participe cette année à son deuxième tournoi en trois ans.
La situation géographique les empêchant de se déplacer à leur guise, les hockeyeurs cris de la Baie-James qui espèrent gravir les échelons dans le hockey doivent s’exiler.
« Les meilleurs joueurs de notre région s’en vont à Montréal, à Gatineau ou en Abitibi, où ils peuvent jouer dans le BB. Toutefois, certains doivent rester, car les familles n’ont pas les ressources nécessaires pour les envoyer ailleurs. »
Ceux qui restent possèdent donc une ligue bien à eux, composée d’équipes simple lettre seulement. La formation des Beavers est donc constituée des meilleurs joueurs de cette ligue, répartis parmi les cinq nations cries de la Baie-James : Chisasibi, Eastmain, Waskaganish, Wemindji et Whapmagoostui.
« Ce qu’on veut permettre aux jeunes en participant au tournoi pee-wee, c’est de se mesurer à de meilleures équipes que dans la simple lettre. On veut montrer au joueur du meilleur calibre que ce qu’on a chez nous », explique l’entraîneur de l’équipe.
Des exemples
Si la santé du hockey n’est pas un problème pour les Cris, c’est en partie en raison des succès que connaissent ou qu’ont connus des hockeyeurs autochtones comme Jonathan Cheechoo et Jordin Tootoo.
« Le hockey est très important à la Baie-James et des joueurs comme Cheechoo ou Tootoo aident beaucoup. Les jeunes suivent leur carrière et ça leur permet de garder espoir de pouvoir un jour jouer dans la Ligue nationale. »
Le premier fait même à plusieurs reprises des visites dans les communautés cries afin de prodiguer certains conseils aux jeunes hockeyeurs.
« Durant l’été, il vient faire des écoles de hockey dans les communautés cries et des entraînements hors glace avec les jeunes. Il visite la communauté et vient parfois pour la chasse, puisqu’il a de la parenté à la Baie-James. »
Confiant
Lors de la dernière participation de son équipe au tournoi pee-wee en 2010, Charles J. Hester avait perdu ses deux matchs par des pointage de 3-2 et 4-2. À quoi peut-on s’attendre cette année?
« On a des bons éléments, mais les joueurs ne sont pas habitués à jouer ensemble. On doit travailler sur notre système de jeu, mais je pense qu’on a une bonne équipe. »