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Le 16 février 2011, Joanna Comtois, 14 ans, s’est endormie, doucement, dans les bras de sa mère. Et ne s’est jamais réveillée.
Comme parent, on ne peut pas imaginer plus horrible cauchemar que de voir mourir son enfant. C’est pourquoi j’ai été bouleversée par le documentaire Joanna Comtois : l’espoir d’une petite fille extraordinaire, qui sera diffusé, lundi prochain, à 23 h, à Canal Vie.
J’y ai vu la lucidité et la détermination d’une petite qui affronte le cancer. Le courage d’une mère qui accompagne sa fille jusqu’à son dernier souffle. Mais aussi le désespoir d’un père qui s’enlève la vie quand il apprend que sa fille va perdre la sienne.
Un document extraordinaire
« Au fond de moi, je veux que la dernière chose qui arrive, s’il arrive quelque chose, c’est que ma mère sache que je l’aime et qu’elle soit là. » C’est ce que Joanna Comtois a confié à Jean-Marie Lapointe, sur son lit d’hôpital, quelques jours avant de mourir.
Jean-Marie, qui fait de l’accompagnement en fin de vie à l’hôpital Ste-Justine, a coproduit ce documentaire. Il ne voulait pas qu’on oublie la fonceuse qu’était Joanna, elle qui a mis sur pied la Fondation Espoir et dont on a suivi le combat par le biais de reportages ou d’entrevues dans les médias.
Sans lunettes roses
On parle beaucoup du cancer ces jours-ci. Dans le documentaire L’industrie du ruban rose, des victimes reprochent aux médias de mettre un « ruban rose sur la laideur de la maladie et de ne parler que des survivantes, jamais de celles qui meurent du cancer.
La grande force du film sur Joanna Comtois, c’est justement qu’il ne cherche pas à nous cacher les côtés sombres de la maladie. Il nous montre tous les aspects pénibles et les moments de découragement. On y parle avec franchise du suicide du père de Joanna, qui n’a pas pu faire face à sa souffrance quand il a appris qu’après une rémission, Joanna était en rechute. Et on y montre sans lunettes roses les derniers jours de Joanna, ses discussions ardues avec les médecins, sa douleur et ses pleurs. Et sa peur de la mort.
La fonceuse
J’ai déjà croisé Joanna. J’arrivais à l’émission de Denis Lévesque. Elle en sortait, elle venait de lui accorder sa dernière entrevue. Sur le plateau de LCN, tout le monde était à l’envers. Denis Lévesque était encore tout ému de la sérénité et de la force de ce petit bout de femme. Il avait la larme à l’œil, sachant que la fin était proche. Je me souviens qu’on s’était fait la réflexion suivante : « Quand on pense qu’il y a des enfants qui n’ont aucun problème de santé et qui n’ont pas le quart de sa maturité, de sa confiance en elle et de sa détermination…»
Dans le film, Natasha, la mère de Joanna, explique à Jean-Marie Lapointe que Joanna n’était pas prête à mourir, parce qu’elle disait qu’elle avait « trop de choses à faire, à accomplir ».
Devant Joanna et son appétit de vivre, on ne peut qu’être confronté à cette question : Et nous, qui sommes bien vivants, qu’est-ce qu’on fait de nos vies ? Qu’est-ce qu’il nous reste à « accomplir » ?
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