musique

Revue de disques

CA_JeanLéveillé

Jean Léveillé @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

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Leonard Cohen

Old Ideas

Sony

Jamais un album de Cohen n’a fait l’objet d’un tel contrôle médiatique à sa parution, fort contraire au personnage. Old Ideas était tout à fait, comme son titre l’indique, prévisible. Un aboutissement et un abandon encore plus zen, dans le ton et la forme en rapport avec ses chefs-d’œuvre passés et le plaisir évident qu’il a pris dans la réalisation. Il adopte vocalement un registre basso profundo hypnotique comme Barry White, récite et chante lentement, avec une diction impeccable, sur les thèmes de la souffrance et de l’absurde — versions bouddhiste et juive dos à dos, mêlées d’une suave autodérision (Going Home) — doublé très discrètement d’un accompagnement musical minimal, subtil, touchant à la perfection et signé Patrick Leonard. À 77 ans, il est le barde des auteurs-compositeurs. Un incontournable.

Old Ideas

Photo courtoisie

Immortal

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Michael Jackson

Immortal

Epic

Ce double CD est la trame sonore du spectacle du Cirque du Soleil, mais uniquement du montage et remixage, entrecoupée de nombreux extraits parlés des bandes originales. On a joué souvent de manière importante avec la durée des chansons, voire avec leur authenticité. On a soustrait par exemple le solo d’Eddie Van Halen de Beat It ! Une fois de plus, cette trame sonore se révèle un échec commercial. Elle ne présente aucun intérêt. D’ailleurs, c’est en général le cas pour pratiquement tout leur catalogue récent, et seul Love, de par son contenu, peut prétendre passer le test de l’universel. Pourtant, le Cirque s’était doté d’une division musicale et, avec leurs moyens de diffusion et force de vente, ils auraient pu se tailler une niche enviable, avant-gardiste et progressiste, en musique électronique par exemple.

The Maccabees

Given To The Wild

Polydor

Troisième CD, un réalisateur attitré qui a travaillé sur The Neon Bible, la volonté évidente de percer sans prendre trop de risques, s’inspirer de The Edge (Unknow), du falsetto de Chris Martin (Went Away), d’Arcade Fire pour le mur de son, et vous y êtes presque. Bref, on pourra aimer parce qu’on aime les jeunes battants contre les stars qui vieillissent vite et vendent de toute façon leur âme (s’ils n’en ont jamais eu une ?), parce qu’on s’est forcé pour créer une suite musicale atmosphérique, cohérente et satisfaisante tout au long des 13 pièces, que ça tient la route grâce au travail du guitariste Hugho White, d’arrangements qui savent tirer un bon parti de cordes et cuivres luxuriants. Mais ils n’apportent rien qui n’ait pas déjà été entendu. Un sous-produit.

Given To The Wild

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Francis et ses peintres

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philippe Katerine

Francis et ses peintres

Universal

Philippe Katerine est un chanteur français au parcours atypique, qui n’hésite pas à jouer la provocation pour se débarrasser d’une soi-disant anxiété créatrice qui le ronge comme bon nombre de créateurs, et ce, semble-t-il, depuis toujours. Son dernier CD éponyme (2010), avec Bla bla bla, La reine d’Angleterre, Juifs arabes et chaque chanson (24) doublée d’un clip avait fait scandale. Ici, 52 reprises de chansons populaires et de variétés françaises très connues, passées à la moulinette d’un band de jazz déjanté et une interprétation décalée, ironique, à la limite parfois de l’hystérie. L’ensemble est foncièrement génial, réfléchi, non gratuit, mais il faut y aller par petites doses, de crainte de l’overdose (3 CD). Fallait le faire (Confidence pour confidence).

Natalie McMaster

Cape Breton Girl

eOne Music

Violoniste, elle est réputée comme technicienne et authentique gardienne du patrimoine musical du Cap-Breton. Le répertoire et l’interprétation se révèlent exclusivement dans cette direction. Onze pièces instrumentales, gigues, reels et berceuses, extraites des répertoires écossais, irlandais et américain, mais aussi et surtout inspirées d’adaptations faites par les musiciens du Cap-Breton. Ce CD vise surtout le public des musiques traditionnelles et ne comporte pratiquement rien pour le public qui recherche le côté plus populaire, contemporain, à la Riverdance. Ceci s’explique aussi par le fait qu’elle est en tournée régulièrement, particulièrement aux É.-U., avec un public exigeant ce type de répertoire. Enregistré au Glenn Gould studios, le son est d’une clarté remarquable. Pour les fans de pur trad.

Cape Breton Girl

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born to die

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Lana Del Rey

Born to die

Polydor

Buzz médiatique, image de femme fatale, pop rétro-lounge-noir 60, avec cordes, harpe, timbales et tout le tralala, réalisation chic et soignée pour cette nouvelle venue de 25 ans qui se positionne quelque part entre Katy Perry et Adele, pour adolescents en passe de devenir de jeunes adultes (Born To Die, Blue Jeans, Video Games). Aucun doute, c’est accrocheur. Mais ça mange à tous les râteliers. Les influences ou les repiquages sont trop évidents (National Anthem) pour éviter le jugement lapidaire d’être préfabriquée. Pop noir, glam-lounge, urban-hip-hop de sitcom peuvent agacer l’amateur qui s’y connaît. Ses apparitions à la télé (SNL) peuvent faire douter de sa véritable puissance vocale. À sa naissance, Anna Domino enregistrait Caught, Land of my Dreams (1984-1986). Comparez.

En magasin ou en ligne cette semaine

 

• Florence K. Trilogia

• Dorothée Berryman, Dorothée Berryman

• Gotan Project, Best of

• Band Of Skulls, Sweet Sour

• Tord Gustavsen, The Well

• Amos Lee, As the Crow Flies