QUÉBEC -
Eddy Rivest, accusé du meurtre de Roland Hardy, regrette son geste. C’est du moins ce qu’il a laissé entendre jeudi, à sa sortie du palais de justice de Thetford Mines.
Avez-vous des regrets, M. Rivest? a questionné un membre des médias. « Oui », a répondu l’accusé sur un ton neutre, juste avant de reprendre la route vers la prison. Ce dernier avait offert la même réponse à son arrivée au palais de justice pour sa comparution.
L’accusé de 44 ans, de Drummondville, n’en est pourtant qu’au début des procédures judiciaires. Il n’a même pas encore annoncé s’il plaidera coupable ou non au chef d’accusation de meurtre au second degré qui pèse contre lui.
Rivest a été arrêté mercredi, à Saint-Hyacinthe, pour le meurtre de Roland Hardy, 53 ans, survenu le 23 juillet 2010 à la mine Normandie, à Saint-Joseph-de-Coleraine. La victime était agent de sécurité à cet endroit.
Images d’horreur
Le 23 juillet 2010 est gravé à tout jamais dans la mémoire de Benoit Servais, qui était parmi les premiers arrivés au palais de justice hier matin. Ce dernier était agent de sécurité à l’hôpital où M. Hardy a été conduit. Comme il connaissait bien la victime, les policiers lui ont demandé de l’identifier.
« Je l’ai fait parce que la famille me l’a demandé. Les policiers ne voulaient pas que ce soit quelqu’un de la famille qui le fasse pour ne pas qu’il garde un mauvais souvenir, relate M. Servais. Il était très amoché, presque méconnaissable. Le soir même, j’ai dit aux policiers qu’il avait été frappé avec un 2 x 4, on voyait encore les éclats de bois. »
Une lampe pour arme
« Tout ce que Roland avait pour se défendre, c’est une lampe de poche et un cellulaire, déplore M. Servais. Quand mon employeur m’a demandé de retourner faire de la sécurité dans les mines, j’ai dit non. C’est toujours aussi dangereux. O.K., les gardiens n’ont plus à entrer dans les bâtiments, mais il faut qu’ils débarquent de leur voiture plusieurs fois pour débarrer des cadenas. »
Curiosité
Une soixantaine de personnes ont assisté à la comparution d’Eddy Rivest. « J’ai appris la nouvelle à 9 h 15, ce matin, et à 9 h 30, j’étais ici pour voir de quoi l’accusé a l’air », a lancé Daniel Gourde, un ami de la victime.
La conjointe de la victime, Gisèle Charpentier, était présente avec ses frères Claude et Alain, ainsi que quelques amis. « Je suis très nerveuse, mais c’est normal, a reconnu Mme Charpentier. Il faut vraiment qu’il reste détenu. Hier, je disais que je lui fournirais la corde, je suis même prête à faire le nœud. »