Mauvaise humeur syndicale

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Michel Hébert @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

Les centrales syndicales font la moue, ces jours-ci. Remettre en question des « droits acquis », comme le fait François Legault, est un crime de lèse-majesté.

Il y a quelques mois, c’était pourtant la joie chez les syndicats. Dans un cahier spécial du Devoir consacré au syndicalisme, les rois mages du modèle québécois affirmaient, en toute franchise, qu’il fait bon d’être syndiqué au Québec.

« Le syndicalisme se porte bien », admettait le président de la FTQ, Michel Arsenault, heureux malgré les soucis que lui causent parfois la télévision du Canada.

M. Parent, qui rugit aujourd’hui devant François Legault, affirmait que les dernières négociations, même si elles coïncidaient avec une des pires crises financières des temps modernes, avaient permis de conclure des conventions collectives très satisfaisantes. Les enseignants, selon ses propres mots, avaient obtenu un « règlement qui se compare aux meilleurs règlements du passé ». Salaires, avantages sociaux, retraite, tout a été préservé. À l’époque, il valait mieux prétendre le contraire, mais le 1er mai, la vérité reprend ses droits...

Alors qu’ailleurs au Canada et dans le monde, les gouvernement cherchaient – et certains cherchent toujours - à réduire leurs dépenses au Québec, notre libéral gouvernement soutenait avoir fait le choix de « préserver les services publics ». En vérité, il ne voulait pas provoquer de heurts avec les puissants syndicats et risquer de perturber la paix sociale. Ça vaut de l’or, la paix sociale quand on gouverne...

Le long fleuve tranquille de la dépense publique n’a donc pas été entravé. Le calme a continué de régner aux confis du périmètre comptable. Du ministère des Transports au Secrétariat gouvernemental à la diversité culturelle, de la Société des traversiers au Conseil supérieur de l’éducation, de la Commission de toponymie à la Régie du bâtiment et jusqu’à la Régie du cinéma.

Dans le cahier dédié au pétage de bretelles, nos « leaders maximo » disaient tout de même sentir « plus que jamais la nécessité d’étendre la lutte sur le front politique pour protéger les intérêts de nos membres ». Les caquistes savent à quoi s’en tenir.

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