À l’ère des textos, c’est par la lecture et l’écriture que les élèves sourds de l’École oraliste de Québec font leur apprentissage scolaire. Et cela marche on ne peut mieux.
Ils sont curieux, avides d’apprendre, mais nécessitent un soutien particulier en classe. Grâce à une approche centrée sur les capacités de chaque élève, l’établissement affiche des taux de réussite qui feraient l’envie de bien des écoles.
Andrée Boisclair, fondatrice de l’École oraliste et chercheuse à l’Université Laval, s’est intéressée au parcours scolaire de 27 élèves sourds qui ont fréquenté l’établissement.
À leur départ de l’École oraliste, plus de 8 élèves sur 10 ont intégré le milieu scolaire régulier, certains même dans des programmes performants.
Quatre anciens élèves présentant une surdité profonde ou importante se sont inscrits au cégep. Chacun porte un implant cochléaire.
L’un d’entre eux, qui se trouve en fin de parcours collégial, est trilingue. Il s’est vu décerner la médaille du Gouverneur général, en avril dernier.
De quoi être fier
« On est très fiers de nos résultats. Plusieurs de nos élèves arrivent ici après avoir fait leur première et leur deuxième année dans une école régulière, où ils ont éprouvé des difficultés », explique la directrice de l’École oraliste, Carole Girard.
« Il n’est pas rare qu’ils aient deux ou trois ans de retard. En dépit de leurs problèmes auditifs et langagiers, ils ressortent d’ici à niveau pour la plupart et avec des perspectives de carrière intéressantes », illustre Mme Girard.
À son entrée à l’École oraliste, un petit bonhomme de niveau maternelle avait un vocabulaire d’à peine 50 ou 60 mots.
« C’est une catastrophe, un élève en difficulté de langage. Qu’un enfant soit malentendant ou non, si la base du langage n’est pas solide, il aura des difficultés scolaires », souligne Mme Boisclair.
Lecteurs accomplis
« Lorsqu’on est sourd, c’est impossible d’avoir un haut niveau de connaissances du monde, si l’on n’est pas un bon compagnon des livres. Tous nos élèves sont devenus des passionnés de lecture. On ne fera jamais un enfant lettré avec un petite page sur Internet », estime-t-elle.
Les élèves sont aussi plongés dans l’écriture. Celle-ci devient la clé pour l’apprentissage d’autres matières. Le théâtre tient aussi une place importante à l’École oraliste.