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Mariages entre musulmans

Un centre communautaire offre un service de rencontres à ses célibataires

Mariages entre musulmans
Photo le journal de Montréal, Héloïse Archambault Le directeur du Centre communautaire laurentien, Samer Elniz, incite les pères des jeunes musulmanes célibataires à encourager leur fille à s’inscrire au service de mariage.

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Un organisme musulman veut aider ses membres à trouver l’amour au sein de la communauté en leur offrant un « service d’aide au mariage ». Même les pères des jeunes femmes célibataires sont mis à contribution.

« C’est un service qu’on offre à la communauté, indique le directeur du Centre communautaire laurentien, Samer Elniz. On le voit comme une manière de rassembler. »

Un peu à l’image des sites de rencontres, le centre communautaire laurentien offre à ses membres célibataires la possibilité de remplir un « formulaire de demande de mariage ». On leur propose de se décrire et d’indiquer leurs critères de recherches. Le Centre organise ensuite des rencontres.

Même les pères sont sollicités

Or, comme davantage de garçons en âge de se marier sont intéressés par le service, la communauté s’adresse aussi aux pères de jeunes femmes célibataires.

« Le comité encourage fortement notre communauté à participer à cet effort, particulièrement les pères de famille qui ont des filles en âge de se marier », peut-on lire sur le site Internet.

« Présentement, on a des centaines de garçons qui veulent se marier, mais seulement des dizaines de filles, poursuit

Samer Elniz. On pense qu’elles sont plus timi­des. Alors, on incite les pères à les encourager à s’inscrire. »

« Lister les noms des jeunes »

Une vidéo d’un imam mise en ligne sur le site du Centre fait même la promotion de l’importance des mariages entre les musulmans qui vivent dans le même pays.

« Je crois que chaque centre communautaire musulman doit lister les noms des jeunes qui ont atteint l’âge », dit-il.

Depuis la mise en place du programme, il y a deux ans, huit mariages ont été célébrés à la mosquée du centre.

« C’est préférable de se marier avec quelqu’un du même pays, plutôt que d’aller chercher une femme ailleurs, indique Samer Elniz. C’est plus facile pour la culture. »

« Extrêmement problématique »

Auteure du roman Ma vie à contre-Coran, Djemila Benhabib dénonce vivement ces « mariages communautarisés ».

« C’est extrêmement problématique. Le mariage n’est plus envisagé comme une union entre deux personnes consentantes quand un paquet de monde se réunit pour matcher des individus qui ont la religion en commun. Ils s’immiscent entre les cuisses des filles et ça ne les regarde pas. »

Pour cette dernière, ces mariages ont pour effet de freiner l’intégration des musulmans.

« On ne s’ouvre pas à l’autre, on crée des ghettos, poursuit-elle. Et puis, on ouvre la porte aux mariages forcés. La pression est énorme sur les filles. »

Un signe d’ouverture

Professeure de sciences des religions à l’Université de Montréal, Solange Lefebvre y voit plutôt un symbole d’intégration.

« C’est une communauté en transition et c’est intéressant de voir qu’ils incitent les couples à se rencontrer au Canada, explique-t-elle. À condition, par contre que ce ne soient pas des mariages forcés. »


Pour voir la vidéo de l’imam : http://alrawdah.ca/French/index.php?option=com_content&view=article&id=209:service-daide-au-mariage&catid=53:presentation

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