Triple meurtre

Le choc et l’incompréhension

Nicolas Saillant

Nicolas Saillant @

Publié le: | Mise à jour:

StRomain

© Annie T. Roussel

Des gerbes de fleurs ont été déposées sur un banc.

SAINT-ROMAIN  - 

Un calme apparent régnait hier dans la petite communauté de Saint-Romain, où une grand-mère et deux fillettes ont été tuées par leur oncle vendredi soir, mais l’incompréhension était toujours aussi grande dans la petite municipalité de l’Estrie.

L’ambiance était particulièrement lourde hier matin à l’aréna de Saint-Sébastien lors de la pratique du Club de patinage artistique. Laurence 11 ans et Juliette 8 ans manquaient cruellement aux jeunes patineuses, mais aussi aux parents de celles-ci qui considèrent la mère des fillettes comme une amie proche.

Trop ébranlée pour commenter, la directrice du CPA Saint-Sébastien, Andrée Goupil, s’est contentée de lire, les larmes aux yeux, une courte déclaration. « On ressent une grande tristesse, on pense beaucoup à la famille. »

Les enfants ont, quant à eux, eu droit à une séance de patinage libre. Les filles de 4 à 16 ans ont été invitées à dessiner et à écrire des messages sur la glace en mémoire de leurs amies assassinées. « Elle n’en parle pas beaucoup. On dirait que ça ne sort pas. Je pense que ça fait du bien les dessins », explique le père d’une des patineuse, Éric Fillion. De l’aide psychologique avait aussi été mise à la disposition des enfants par le club de patinage.

La mère à l’hôpital

Sur le rang 5, où habite la famille des fillettes, les proches se sont réunis pour vivre leur deuil ensemble. La sœur de l’accusé et mère des enfants, qui est rentrée d’urgence de son voyage au Mexique en soirée samedi, était entourée de ses deux autres enfants toujours en vie et de la famille de son conjoint. Ce sont deux oncles des fillettes qui ont accueilli le Journal devant la maison familiale hier. « Les parents ne sont pas en état de parler encore », a expliqué Marc-André, l’oncle des petites filles.

La mère de Laurence et Juliette, qui est infirmière auprès de jeunes familles à l’hôpital de Lac-Mégantic, s’est rendue à l’urgence tard en soirée samedi pour recevoir des soins psychologiques. « Ils sont allés chercher des médicaments pour dormir », précise-t-il.

« On ne veut pas en parler »

Les proches ont préféré s’abstenir de tout commentaire lorsqu’il a été question de Pascal Morin, accusé samedi du meurtre de sa mère et de ses nièces. « On ne veut pas parler parce qu’on pourrait dire des choses qu’on ne veut pas dire », a conclu le frère du père des victimes, Christian Fillion. À la résidence où le drame s’est joué vendredi, seuls des fleurs et quelques toutous témoignaient de ce qui s’était passé 48 heures plus tôt.

 

«Ce qu'ils ont dit...»
  • « La communauté est très affectée parce que ces gens-là se connaissent. Pour eux, c’est un drame épouvantable, c’est comme si c’était dans leur famille.»

    -Antoine Cambron, curé de Saint-Romain

  • « La sévérité du drame dérange, les gens trouvent ça dégueulasse. Il n’y a pas assez d’aide psychologique pour les malades dans la région, on est à une demi-heure de l’hôpital.»

    -Cécile Picard, résidente.

  • «Personne n’en revient, tout le monde se demande ce qui lui est passé dans la tête. On sait qu’il avait des problèmes, mais là c’est une autre histoire.»

    -Dominique Isabel, ancienne élève de Ginette Roy-Morin.

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