Budget

Le ton s'adoucit après le témoignage de Duceppe

Huguette Young / Agence QMI

Publié le: | Mise à jour:

DuceppeBleu

© Archives / Agence QMI

L’ex-chef bloquiste Gilles Duceppe s’est présenté à Ottawa lundi matin.

OTTAWA – L’ex-chef bloquiste, Gilles Duceppe, a-t-il enfreint les règles parlementaires en payant le salaire de son directeur général Gilbert Gardner à même les fonds publics de la Chambre des communes?

Les députés avaient dénoncé cette pratique lorsque l’affaire avait été révélée, mais les explications fournies par M. Duceppe, lundi, ont semble-t-il permis de lui redonner un peu de crédit. Au moins deux membres du Bureau de la régie interne disent aujourd’hui ne plus être sûres que l’ancien bloquiste a fait une erreur.

«C’est moins clair (qu’avant d’entendre les arguments de M. Duceppe), parce qu’on n’a pas assez de faits, a indiqué le député néo-démocrate de Windsor-Tecumseh, Joe Comartin. Avant qu’on ait tous les autres documents et tous les autres témoignages, ce n’est pas assez clair pour faire une décision finale.»

Le whip du Parti conservateur, Gordon O’Connor, est allé dans le même sens. Selon lui, les méthodes de gestion du cabinet de M. Duceppe «soulèvent des questions qui n’ont pas encore été réglées.»

Le Bureau de la régie interne qui régit l’utilisation des budgets parlementaires des députés a donc décidé «de poursuivre son examen» et d’élargir la portée de son enquête, a-t-il fait valoir dans un court communiqué de trois paragraphes, lundi.

Accompagné de son épouse Yolande Brunelle, du chef bloquiste actuel Daniel Paillé et de son avocat Me François Gendron, M. Duceppe a maintenu qu’il n’avait rien à se reprocher.

«Je suis tout à fait à l’aise. Depuis quand est-ce que respecter la loi c’est un manque à l’éthique?» s’est-il contenté de dire lors d’un court point de presse.

Nouveaux arguments en main, il a donc livré son témoignage à huis clos. Curieusement, le Bureau de la régie interne, qui a ses propres experts, n’avait pas de contre-arguments de son côté.

Me Gendron a rappelé de son côté que la Chambre des communes avait payé le salaire de M. Gardner pendant plus de six ans (de 2004 à 2011 à raison de 100 000 $ par année environ) en toute connaissance de cause. La Chambre savait que M. Gardner était directeur général du Bloc québécois, l’ayant invité à témoigner à deux reprises « précisément à ce titre » les 1er juin 2006 et 2 novembre 2010, a-t-il signifié.

«Il faut, à mon avis, voir dans ces invitations un acquiescement de la Chambre, légitimant le mode de rémunération retenu pour payer M. Gardner.»

De plus, ce serait faire fausse route que de réclamer «à un député à la retraite 1 million $» pour avoir supposément «interprété erronément les règlements de la Chambre des communes sept ans plus tôt.»

En l’occurrence, cela «ferait du métier de député un métier dangereux comportant des risques financiers impossibles à prévoir, ce qui pourrait entraîner des difficultés au niveau du recrutement d’un personnel politique de qualité».

Chose certaine, l’affaire n’en restera pas là. Le Bureau de la régie interne doit se réunir de nouveau à ce sujet d’ici environ deux semaines. Il n’est pas exclu que M. Duceppe revienne témoigner.

 

Liens commandités