Tués en vacances

Des familles vivent l'enfer

Nicolas Saillant

Nicolas Saillant @

Publié le: | Mise à jour:

Entrevue avec Jacques Pleau dont le frère est décédé à l'étranger.

Journal de Québec

Meurtres non résolus, suspects relâchés et ADN incompatible; les familles dont un proche a été assassiné à l’extérieur du Canada doivent souvent vivre avec un double deuil, soit la mort violente d’un être cher, mais, surtout, l’absence de réponses claires quant aux circonstances du drame.

Une semaine après qu’un homme de La Tuque eut été froidement abattu dans un camping de la Floride et alors que bien des Québécois rêvent au soleil, le Journal a retracé sept familles dont un proche a été tué à l’étranger pour qu’ils racontent leur douloureuse expérience.

Dans bien des cas, ce sont des cauchemars que ces proches de victimes ont vécu. Certains en sont réduits à enquêter eux-mêmes sur les drames qui les affligent.

Assassiné dans l’autobus

Deux ans après les faits, le mystère demeure entier quant aux circonstances de la mort du père d’Éric Lemieux, Réal Lemieux, assassiné dans sa chambre d’hôtel au Mexique en janvier 2010. Retrouvé nu, pieds et poignets attachés, le meurtre de ce Québécois reste impuni, bien que la police mexicaine avait annoncée l’arrestation imminente d’un suspect au lendemain du crime.

Éric Lemieux n’a aujourd’hui plus aucun espoir de voir le meurtre de son père être résolu. « Le dossier a tout simplement été fermé », soupire-t-il. C’est le ministère des Affaires étrangères canadiennes qui l’a avisé que l’enquête était abandonnée.

« Je ne peux pas reprocher au Canada que le dossier ne se soit pas solutionné, le Mexique est un état profondément inefficace », juge M. Lemieux qui croit que son père s’est fait tuer après un vol qui a mal tourné.

Le meurtre de Jocelyn Massé tué en 2005 lors d’un voyage au Honduras reste lui aussi toujours sans réponse.

L’enquête n’a pas permis d’identifier les auteurs du crime et ce, malgré le meurtre d’un policier local aussi assassiné lors de l’attaque de l’autobus et la divulgation de photos de suspects dans les médias locaux.

Les contacts entre la police hondurienne et la famille des Îles-de-la-Madeleine ont été réduits à leur plus simple expression. La copine de Jocelyn Massé, qui a été témoin de sa mort, a donc été la seule véritable source d’informations des Massé.

« Si elle ne s’en était pas sortie, on n’aurait jamais rien su de l’histoire », se console le frère du défunt, Marc-Olivier.

Erreur sur la personne?

Le cas de Normand Pleau, retrouvé en janvier 2008 dans sa petite maison incendiée, le crâne fracassé, est encore plus nébuleux. « Non seulement le crime n’a pas été résolu, mais les autorités disent que ce n’est pas lui, que le cadavre n’est pas Normand Pleau », a raconté au Journal son frère, Jacques.

« D’après l’ADN, ça ne concorde ni avec moi, ni avec sa fille », poursuit-il. Puisque les autorités ne reconnaissent pas ce lien familial, toute les informations sur le dossier sont inaccessibles.

L’ensemble des sept familles rencontrées par le Journal se questionne encore aujourd’hui sur le véritable mobile du crime qui leur a coûté un proche. «On veut savoir pourquoi ils l’ont tué. On ne sait pas encore, mais on ne lâchera pas le morceau», affirme Guylaine Dion, la sœur de Daniel, assassiné au Mexique.

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