Tout semble toujours plus compliqué à Québec, une phrase souvent répétée dans les dernières décennies sous diverses administrations municipales.
Malgré le dynamisme de la ville depuis 2008 et la réputation de grand village qui s’estompe graduellement, on ressent des relents du passé dans le dossier de l’amphithéâtre. Le moteur claquette. En quelque part, le maire Régis Labeaume mérite sa part de responsabilités.
Il s’en trouve encore qui se demande s’il s’agit du rêve d’un maire et d’un pourcentage élevé de la population ou d’un projet qui verra son aboutissement en septembre 2015. Espérons que le message soit plus limpide dans les bureaux de la Ligue nationale. Sinon, on laissera d’autres villes nord-américaines piger dans l’assiette du hockey.
Aucun chiffre officiel n’a été annoncé pour la construction de l’édifice qu’on calcule déjà les excédents et qu’on s’inquiète des « tant qu’à y être », une expression populaire dans le vocabulaire du simple citoyen qui se fait construire une maison. Tant qu’à y être, pourquoi ne pas payer un peu plus cher pour la plomberie, le comptoir en granit, la céramique dans l’entrée, etc.
Le chiffre de 400 millions a été lancé lors de la conférence de presse annonçant le partenariat entre la Ville de Québec et le gouvernement provincial. C’est le maximum que l’on veut dépenser. On s’inspire du Consol Energy Center de Pittsburgh construit au coût de 325 millions. Il est tout neuf, mais il coûterait déjà plus cher si on entreprenait sa construction en 2012. Ce 400 millions est maintenant perçu comme le prix à payer.
PAS LE CHOIX DE RÉUSSIR
Avant même que nous soyons informés du coût officiel de la construction, une annonce prévue pour le 31 mars, on évoque un plan fonctionnel et technique (PFT) de 550 millions, un chiffre que le bourgmestre se défend d’avoir personnellement avancé.
Ce montant engloberait tout ce qu’on peut inclure dans la construction, que ce soit la structure, l’électronique, les services, bref, ce qui fera de l’amphithéâtre multifonctionnel l’édifice conforme pour attirer la LNH et des spectacles d’envergure.
À partir de là, on coupe dans le luxe, on élimine des extras, on effectue des choix pour se rapprocher le plus près possible du budget. Monsieur Tout-le-Monde administre un budget de 300 000 $ pour sa nouvelle résidence, mais son plan initial se chiffre à 345 000 $. Ou il y va de quelques « tant qu’à y être », ou il se montre respectueux de ses finances. C’est ce qu’explique le maire en parlant d’un buffet chinois ou, dans les mots de Claude Rousseau, de la liste des cadeaux de Noël.
Si on parle du président des Remparts, c’est qu’il est devenu le conseiller spécial et répondant du maire dans ce dossier. Est-ce un signe de panique? Pas nécessairement! Son embauche se veut davantage l’ajout d’une tête pour effectuer des choix déchirants à court terme et qui ne mettront pas en péril la réalisation du projet. Québec n’a pas d’autre choix que de réussir avec l’amphithéâtre.
UN FAUX DÉMÉNAGEMENT
Le site exact de l’amphithéâtre sur le terrain d’ExpoCité s’avère d’ailleurs le choix prioritaire. Initialement, il a été question de l’ériger à l’avant, proche de l’intersection des boulevards Hamel et Laurentien. Voilà qu’on évoque la possibilité de le reculer là où se situe l’hippodrome, un vestige du passé dont il ne pourrait survivre que la façade. Ceci pour éviter des frais découlant de la décontamination du terrain.
Peut-on qualifier cette décision d’un déménagement? Personne n’a parlé de le bâtir à Sainte-Foy ou Beauport, par exemple. Il demeure dans l’espace initialement prévu. Cette nouvelle fut davantage un show de boucane médiatique.
Il m’apparaîtrait totalement illogique pour la Ville de Québec d’acheter un terrain et de voir à son aménagement en déboursant des millions. Celui d’ExpoCité appartient à Québec. Cette décision n’est pas celle de courtiers immobiliers.
Repousser l’amphithéâtre de quelques mille pieds ne frustrerait en rien le détenteur des droits de nomination. La bâtisse deviendrait la plus élevée du secteur. À Montréal, on découvre le Centre Bell une fois sur place.
BAISSONS LA TÊTE
Il n’a pas été question du retour de la LNH à cette conférence fort heureusement. Dans ce dossier également, on note des relents du passé. Dès qu’une ville se manifeste pour obtenir une équipe, on baisse la tête s’estimant battu. On décide que Gary Bettman préférera la rivale. Cette attitude de perdant a pénalisé Québec si souvent dans le passé.
Seattle s’est pointée avec un projet d’amphithéâtre dans l’objectif d’acquérir prioritairement une équipe de la NBA, un circuit qu’elle a échappé. La mairie exige de la NBA et la LNH de leur confirmer l’octroi d’une équipe avant d’entreprendre la construction. Se pourrait-il que David Stern et Bettman regardent ailleurs? Québec travaille sur ce dossier depuis au moins deux ans.
On se complique souvent l’existence.
DISONS QUE...
Il se trouvera toujours des individus ou des organisations pour exploiter la mort d’une célébrité. Le geste que le Canadien a posé, dimanche, pour honorer la mémoire de Gary Carter en fut un de classe, un autre, de l’organisation montréalaise. Aucune autre raison ne justifiait cette décision que celle de célébrer un athlète exceptionnel qui a soulevé les fans des Expos par son brio sur le terrain et sa personnalité. Par contre, se coiffer de la casquette des Expos comme Adonis Stevenson ou, pire, endosser le chandail de Carter comme Jesus Gonzales, c’est tout simplement déplorable. Ces deux boxeurs ont marchandé l’appui de l’assistance en s’identifiant au receveur étoile.
Des messages de Carl Froch sur Twitter laissent croire qu’il n’a pas compris que son prochain adversaire se nomme Lucian Bute puisque le combat a été déclaré obligatoire par l’IBF. En fin de semaine, le Britannique mentionnait qu’il pourrait « jouer avec (Andre) Direll » si ça n’intéressait pas le champion Bute. Les promoteurs respectifs des boxeurs tentent actuellement de trouver un terrain d’entente. S’ils n’y parviennent pas, il y a aura appel d’offres. Mais, en bout de ligne, Froch affrontera Bute à Québec ou en Angleterre.
Les gazouillis de Andre Ward, champion mondial des super moyens de la WBC et de la WBA, revêtent souvent une connotation religieuse. Le même Ward refuse d’affronter Bute et il déclare en même temps qu’il veut s’approprier toutes les ceintures.