L’apologie de la violence

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Albert Ladouceur @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

Marc-Antoine Grondin

photo courtoisie

Bon jeune acteur, Marc-André Grondin aurait dû s’abstenir de tenir ce rôle dans le film Dur à cuire, d’autant plus qu’il se passionne pour le hockey.

Dur à cuire ou Goon, la dernière comédie sur la violence au hockey, s’avère un navet qui ne tiendra pas l’affiche longtemps. Le contraire constituerait une taloche à l’intelligence des Québécois.

Slap Shot, film culte lancé en 1977, n’est pas menacé par cette piètre imitation. Aucun des personnage de Goon ne passera à l’histoire comme il en a été avec les frères Steve, Jack (David Hanson) et Jeff Hanson, l’entraîneur Reggie Dunlop (Paul Newman) et le gardien de but Denis Lemieux (Yvon Barette).

Des dialogues sont restés ancrés dans la mémoire. Il ne s’agissait pas d’un grand film, loin de là, traduit dans un français exécrable, mais il reflétait une époque et les films sur le hockey n’étaient pas nombreux.

Il résiste à l’usure du temps, ce qui n’a pas été le cas avec Slap Shot 2 : Breaking the Ice (2002) et Slap Shot 3 : the Junior League (2008). Je ne suis pas convaincu que ceux qui s’empressent de glorifier Dur à cuire, sans l’avoir visionné, se souviennent des échecs des éditions 2 et 3. Ce n’est pas parce qu’on adore le hockey qu’on doit tout accepter sans discernement.

Il s’en trouvera pour se bidonner en regardant la dernière production. Le niveau de l’humour n’est pas le même pour tous. Pour certains, des sacres et du cul suffisent. Pour d’autres, ça prend un plus de subtilité. Il y a également un public bon enfant qui rigole de tout.

PAS ÉDIFIANT POUR LES JOUEURS

Les comédiens de Dur à cuire se targuent de dénoncer la violence au hockey. Faux! Ils en font l’apologie et la glorifient. Cette comédie n’a rien de caricatural.

Je sais qu’il ne faut pas tout prendre au premier degré. Si une personne pense que les choses se déroulent ainsi dans le hockey mineur professionnel, c’est qu’elle ne connaît rien à ce sport. Même la LNAH, dans ses pires années au Québec, n’a pas atteint ce niveau.

L’auteur Réjean Tremblay a été critiqué pour avoir imaginé une transaction entre le Canadien et le National entre deux périodes.

Les Highlanders de Halifax et la ligue dans laquelle évoluent Doug Glatt (Seann William Scott) et Xavier Laflamme (Marc-André Grondin) se veulent la dernière étape avant la LNH. Si, au moins, il y avait une histoire entre les bagarres loufoques et sanglantes. Glatt se présente à sa première équipe chaussé de patins artistiques et il parvient à peine à se tenir debout. Quelques matches et il se retrouve avec l’équipe-école du Canadien.

La faiblesse du scénario s’embourbe dans des dialogues crus sans le moindre signe d’intelligence. Les joueurs des ligues mineures ne sont pas tous des abrutis, des drogués ou alcooliques et des dépendants sexuels.

Mais tout ça n’est qu’un film. Je présume qu’on doit le regarder sans se poser de questions comme on le fait avec les cascades de James Bond.

ENTRENIR LES PRÉJUGÉS

Slap Shot est arrivé sur le marché un an après la fin des Broad Street Bullies, le surnom des Flyers de Philadelphie, qui ont remporté deux fois la coupe Stanley avec du talent et beaucoup d’intimidation. Le hockey se jouait d’une toute autre façon. On pouvait imaginer pire dans des ligues mineures perdues aux États-Unis.

Dur à cuire est lancé alors qu’on s’efforce d’éliminer la violence inutile dont les charges à la tête dans le hockey. Les bagarres n’existent presque plus. Le principal défaut de ce navet sera d’entretenir la mauvaise réputation et les préjugés auprès de ceux qui s’intéressent plus ou moins au hockey ou des extrémistes qui prêchent même pour l’abolition de la mise en échec. Imaginons un film qui montrerait des joueurs de baseball se frappant à coups de bâton et baisant dans les abris.

Un collègue des arts que je respecte me disait à la sortie du visionnement de presse que des goons comme Doug Glatt et Ross Rhea (Liev Schreiber) existent dans la LNH. Il a fièrement cité des noms : John Scott, de Chicago, et Brian McGrattan, de Nashville. Le premier n’a que 44 minutes de punitions en 26 parties et le second, 61 min en 30 matches. Chose certaine, ils ne vivent pas comme les joueurs du film.

Si l’idée vous prend de gaspiller une dizaine de dollars pour le voir, faites-moi connaître votre opinion.

DISONS QUE...

Dans un texte dénué d’information, le Business Journal, édition de Phoenix, prétendait, mardi, qu’un groupe dirigé par Greg Jamison était sur le point de conclure une entente avec la LNH pour l’achat des Coyotes. Ce média s’avère crédible même s’il s’agit d’une diffusion Internet pour la formule quotidienne en plus de 64 publications. Fidèle à sa philosophie, la LNH nie toujours jusqu’à l’évidence.

Jamison, l’ancien président du conseil d’administration des Sharks de San Jose, serait l’acheteur, une fois de plus. Cet homme ne possède pas les ressources financières pour acheter une équipe de plus ou moins 170 millions. En 2002, il a dû regrouper onze partenaires financiers pour se porter acquéreur des Sharks. Imaginons Marcel Aubut. En excellente santé financière, l’ex-propriétaire des Nordiques devrait se dénicher des associés pour acheter une franchise.

Impliqué dans le dossier depuis plusieurs mois, Jamison n’avait pas réussi à trouver l’argent requis. Et là, il pourrait procéder? Je m’imagine mal des gens d’affaires avisés qui voudraient garder les Coyotes dans un marché où les pertes annuelles varient de 20 à 25 millions annuellement. Ça prendrait un virage économique à 180 degrés dans la LNH, nettement à l’avantage des propriétaires, pour renflouer les caisses.

Dans la valse des spéculations, l’embauche de Claude Rousseau comme conseiller du maire Labeaume dans le dossier de l’amphithéâtre en soulève une nouvelle. Dans ses fonctions rémunérées chez les Remparts et Québec800, il est l’employé d’André Desmarais, président et cochef de la direction de Power Corporation, actionnaire (30 %) à titre personnel dans les propriétés de Jacques Tanguay et Patrick Roy. Rousseau sera bien au fait des derniers développements dans le dossier de l’amphithéâtre et, possiblement, de la LNH. Une taupe de Desmarais à l’hôtel de ville, voilà où l’imagination peut conduire. Pensez ainsi mettrait toutefois en doute l’intégrité de Claude Rousseau.

Russ Anber collabore actuellement à l’entraînement de Sergio Martinez, champion du monde des poids moyens et considéré par plusieurs comme l’un des meilleurs boxeurs livre pour livre.

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