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Dirigeants universitaires

1 M$ en parachutes dorés

1 M$ en parachutes dorés
Photo Michel Desbiens, Agence QMI Les étudiants universitaires ont organisé une autre manifestation qui s’est mise en branle hier vers 15 h au centre-ville de Montréal pour se rendre aux bureaux du ministère de l’Éducation. Les participants revendiquent un gel des frais de scolarité, mais aussi l’accès des femmes à l’éducation. Pendant ce temps, le premier ministre Jean Charest les a incités à « agir de manière responsable ».

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Alors que les étudiants usent leurs souliers sur le bitume pour s’opposer au dégel des frais de scolarité, les hauts dirigeants des universités québécoises se sont partagé presque un million de dollars en parachutes dorés pour leurs retraites.

Une compilation faite par le Journal, à partir de documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, nous apprend que les recteurs, vice-recteurs et autres doyens ont totalisé des chèques de 942 304 $ au moment de dire adieu à leurs patrons respectifs. Et ce sans compter les 2,4 M$ en salaires et indemnités de départ versés à cinq cadres de l’Université Concordia (voir autre texte).

Ces avantages, tout à fait légaux, sont prévus dans le « protocole des cadres supérieurs » ou dans les règlements internes des universités. Dans le cas des réseaux UQ (Universités du Québec), les conditions d’embauche sont fixées par le gouvernement. Pour les autres établissements, ce sont les conseils d’administration qui prennent la décision.

L’indemnité de départ la plus généreuse a été accordée à Judith Woodsworth, ex-rectrice de l’Université Concordia. Cette dernière est partie avec un chèque de 169 573 $ sans compter une prime de séparation de 747 045 $ qui avait suscité la controverse il y a une quinzaine de mois.

Si les pontes des universités devaient décider, sur un coup de tête, de prendre leur retraite ce matin, ils toucheraient ensemble la rondelette somme de 2,7 millions de dollars.

L’ex-doyen de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke, Réjean Hébert, a eu droit à une indemnité de départ de 115 445 $ en prenant sa retraite de ce poste en septembre 2010. Celui qui vient d’officialiser sa candidature pour le Parti québécois dans la circonscription de Saint-François (Estrie) demeure malgré tout un employé de l’Université Sherbrooke à titre de professeur en gériatrie. « Je n’ai jamais cessé d’être professeur et de faire de la recherche même quand j’étais doyen (entre 2004 et 2010) », a-t-il fait savoir au Journal.

Les étudiants scandalisés

Sans surprise, les représentants des étudiants - en grève depuis trois bonnes semaines pour certains d’entre eux – ont vertement dénoncé ces primes.

« Encore une fois, les dirigeants des universités font ce qu’ils veulent avec l’argent public. C’est inacceptable, insultant et injustifié. On demande aux étudiants de payer pour ces abus-là », s’est étouffé Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

Le raisonnement est identique du côté de Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). « C’est choquant, dérangeant et frustrant, a-t-elle regretté. On dirait les primes de départ d’une multinationale et tout ça se fait sur le dos des contribuables. »

— Avec la collaboration de Serge Laplante

 

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