Opinion

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Jean-Jacques Samson

Jean-Jacques Samson @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

Bloc Samson
QUÉBEC - 

Les événements du printemps 1968 en France ont pris fin lorsque la toujours abstraite et informe majorité silencieuse est descendue dans la rue pour signifier aux anarchistes qu’elle en avait plus qu’assez d’être la victime des perturbations sociales et économiques.

Les anarchistes et casseurs sont peu nombreux, mais bien organisés et bien coordonnés, selon des spécialistes policiers, ce qui les rend si efficaces. Les policiers ont beaucoup de difficultés à les neutraliser. La lutte au terrorisme est très différente de celle au crime organisé traditionnel.

Un animateur de radio de Québec bien connu, André Arthur, avait l’habitude de dire à ses auditeurs, dans ses recherches d’informations : « à la gang, on sait tout ». Claude Poirier à LCN utilise la même technique.

Cela est encore plus vrai à l’ère des téléphones intelligents et d’Internet.

Les citoyens pris en otage par les anarchistes possèdent une force qu’ils ne soupçonnent pas, celle du nombre. Avant de descendre dans la rue comme les Parisiens en 1968, ils possèdent une arme efficace, la délation.

Toute personne qui possède des informations relatives aux casseurs qui ont déclenché l’émeute de Victoriaville ou aux activistes qui ont créé un chaos à Montréal hier, a le devoir civique de les transmettre aux policiers.

L’enjeu est la préservation de la paix sociale. Les Québécois, comme moi, qui ont subi le terrorisme de la fin des années 1960 qui a culminé avec la Crise d’octobre 1970, l’assassinat d’un ministre, l’enlèvement d’un diplomate britannique, ne veulent surtout pas revivre ces pages noires de notre histoire.

Les actions terroristes des derniers jours nous amènent pourtant aux portes d’une crise sociopolitique aussi grave que celle de 1970. L’escalade a atteint un niveau d’alerte rouge.

Vigipirate

Habituée aux attentats de diverses natures, la France s’est donnée le Plan Vigipirate qui comprend quatre niveaux d’alerte et d’interventions, selon le degré de la menace. Un plan de ce type, à la mesure de nos réalités, devrait être envisagé sérieusement

À court terme, certaines mesures législatives, comme l’ajout d’infractions au Code criminel et aux règlements municipaux, pour le port d’un masque lors d’émeutes et

de manifestations déclarées illégales, peuvent faciliter le travail des policiers. Si le coffre à outils de ces derniers a besoin d’être modernisé, que les parlements et les conseils municipaux y procèdent rapidement.

L’ajout massif de caméras de surveillance les aiderait également. Par ailleurs, les anarchistes ont besoin d’un environnement propice. Les leaders

étudiants, syndicaux, de groupes de pression divers, doivent démontrer un sens des responsabilités et suspendre l’organisation d’événements, comme les manifestations non encadrées, qui contribuent à la détérioration du climat social et qui créent cet environnement favorable recherché par les agitateurs.

Souhaitons enfin que les juges imposent aux coupables des peines à la mesure des préjudices causés, pour que la dissuasion soit retentissante.

Le scénario d’une démission

Les hauts fonctionnaires à Québec sont des scénaristes compulsifs. Certains ont fait renaître l’hypothèse que Jean Charest surveille les sondages au cours des mois d’été et choisisse de remettre sa démission en août ou septembre si ceux-ci ne lui sont pas plus favorables. Une course à la direction du PLQ serait alors enclenchée, reportant les élections au printemps 2013.

Le pic du démolisseur

Des lecteurs m’ont fait parvenir depuis l’émeute de vendredi dernier à Victoriaville cette photo éloquente d’un manifestant masqué, casqué, et armé d’un pic. Le droit de manifester ainsi équipé fait-il partie des libertés fondamentales invoquées ces jours derniers par ceux qui dénoncent la répression policière ?

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