Bonheur et travail, un mariage possible ? Serge Marquis, réputé médecin québécois, spécialiste en santé au travail affirme ceci : « Il faut absolument trouver le moyen d’associer le mot bonheur au travail, sinon, où est le bonheur ? » Je le cite rapidement pour ne pas être jugée idéaliste ou encore, déconnectée de la réalité de bien des gens.
ICI ET AILLEURS
J’avoue par ailleurs qu’en décidant de traiter du « bonheur au travail », j’ai pensé aux travailleurs des mines, des champs de cacao, de riz, etc. J’ai aussi pensé à ceux qui, dans certains pays, font des journées de 12 heures, 6 jours/semaine (dont des enfants), pour nous confectionner, à petits salaires, des objets de luxe, d’usage courant et d’inutiles bébelles.
Mon boulot s’inscrit dans notre contexte et ici, d’une autre façon, les gens vivent une pression énorme. Ils doivent parallèlement répondre à beaucoup d’exigences tant sur les plans professionnel, familial, social, affectif que personnel (santé physique et mentale). Plusieurs ont d’ailleurs l’impression que « le bonheur » est davantage un concept abstrait qu’une réalité de leur vie de tous les jours.
MAUDIT BONHEUR…
Le bonheur, cette douce présence enfouie au fond de soi, malgré les moments difficiles, est pourtant accessible à tous. Il exige par contre un travail sur soi ; je dis souvent, « le bonheur c’est agréable, mais c’est de l’ouvrage ». Il implique la capacité de faire la paix avec son enfance, de connaître ses forces, ses limites, ses priorités et ses attentes, de s’accepter et de s’aimer inconditionnellement et j’ajouterais, l’intégration d’une philosophie de vie. Celle-ci permet au « bonheur » de se frayer un chemin parmi les attentes déçues, les aléas de la vie, les contraintes, la fatigue, le vieillissement et la maladie.
Cela dit, le bonheur dépend aussi de la « perception » que l’on entretient de sa situation ou d’un événement. Développer une vision positive de sa réalité c’est déjà s’approcher du bonheur, intégrer profondément cette vision, c’est le ressentir souvent. Ainsi, malgré une gestion déficiente de l’entreprise ou d’un patron médiocre, ou encore, de problèmes avec un employé, il est pensable, tout en agissant dans la mesure du possible, de ressentir tout de même du bonheur.
BONHEUR ET PHILO 101
Dans mon questionnement, vers les années 1980-1990, sur moi et sur la vie, les « énoncés » quelque peu philosophiques suivants m’ont énormément aidée à intégrer une certaine sérénité ; ils me guident encore aujourd’hui. Il n’y a pas de problèmes, que des situations de connaissance de soi.
Dans certaines situations, une émotion excessive cache une illusion.
J’attire et j’entretiens les situations qui m’arrivent de façon récurrente.
Je suis libre de ce que j’accepte et prisonnier(ère) de ce que je refuse.
CLÉS POUR PLUS DE BONHEUR AU TRAVAIL
1. Apprécier avoir un travail, des collègues et un revenu en ces temps incertains.
2. Ressentir les moments plaisants et prendre plaisir à effectuer au mieux ses tâches.
3. Se libérer de son autopression et relativiser la pression extérieure exagérée.
4. Prendre une distance des problèmes pour lesquels on n’a aucun pouvoir d’agir.
5. Agir gagnant en étant complémentaire à son patron imparfait au lieu de le critiquer.
6. Choisir ses batailles et ignorer les situations qui drainent inutilement de l’énergie.
7. Décider d’une action en nommant, en agissant ou en ignorant et, lâcher prise.
8. Inclure autonomie, créativité, humour et plaisir avec patrons, collègues et clients.
9. Compléter les carences de son emploi par des activités personnelles palpitantes.
10. Oser un changement pour se libérer du fardeau d’un travail pas à sa mesure.