QUÉBEC -
Six mois après que Régis Labeaume eut suggéré au Réseau de transport de la Capitale (RTC) de « repenser ses affaires », les bus vides sillonnent toujours les rues de Québec. La situation « fatigue » les dirigeants du RTC, qui ont entrepris une révision globale de leurs parcours.
Allergique aux autobus vides, le maire Labeaume a demandé au RTC, en décembre dernier, de « faire la démonstration que tous les parcours sont essentiels ».
Pour la première fois en 10 ans, le maire a d’ailleurs gelé le budget de l’organisation pour l’année 2012 afin de « prendre une pause » et de « serrer la vis », avait-il justifié. Un comité récemment mis en place a entamé une remise en question de l’ensemble des parcours afin d’optimiser le service.
Les sièges disponibles sont toujours très nombreux dans les autobus de plusieurs secteurs périphériques en dehors des heures de pointe, a constaté le Journal au cours des dernières semaines. Sur les 17 parcours visités, 13 ne transportaient pas plus de cinq passagers. Pour chaque parcours, le Journal se postait à un emplacement stratégique au milieu du trajet ou suivait le bus durant tout son itinéraire.
Depuis 2005, soulignons que quatre parcours ont été abolis, 22 ont été créés et 180 000 heures de service ont été ajoutées. L’achalandage a connu une légère baisse depuis 2008, alors que les dépenses annuelles ont grimpé de 33 millions de dollars.
Choix de société
Chef de planification du service au RTC, Corinne Thomas admet que certains parcours sont moins performants à certaines périodes. Elle croit cependant qu’il s’agit d’une conséquence d’un choix de société.
« On doit offrir une certaine flexibilité pour rendre le service attrayant. Les usagers ne doivent pas se sentir dans un carcan où ils peuvent prendre le bus uniquement durant les heures de pointe (…) Mais un bus vide, c’est sûr que ça nous fatigue. »
Responsable des communications au RTC, Carole Brousseau juge qu’un service flexible demeure essentiel pour attirer et sensibiliser la clientèle à adopter le transport en commun.
Elle justifie en partie la présence de bus peu achalandés parce que le RTC s’implante souvent dans certains secteurs résidentiels en développement avant même que la demande soit devenue trop importante.
« On se dit qu’on doit offrir le service tout de suite sinon jamais ils ne vont monter à bord », note-t-elle, faisant remarquer que plus d’un banlieusard sur trois utilise le bus comme moyen de transport pour se rendre à la Colline parlementaire chaque jour.
Si la vision du personnel du RTC ne semble pas rejoindre en tout point celle de Régis Labeaume, Mmes Brousseau et Thomas n’ont pas voulu commenter les déclarations du maire, précisant qu’il s’agit d’une question d’ordre politique.
