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FrancoFolies

La bête, c’est elle!

Ariane Moffatt a clôturé de belle façon le premier week-end

Sans fausse note
Photo agence qmi, charles william pelletier Ariane Moffatt s’est concentrée sur les titres dansants et sexy de son nouvel album, MA, hier soir au Métropolis.

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Des applaudissements qui n’en finissent plus, une chanteuse qui se déchaîne le sourire fendu jusqu’aux oreilles, des rythmes synthétiques qui donnent envie de danser les mains dans les airs... Ariane Moffatt est partie pour la gloire!

La chanteuse a clôturé le premier week-end des FrancoFolies sur une note triomphante, électronique et bilingue (!) hier soir au Métropolis. En communion avec la foule comme avec son band, la sympathique brunette dégageait une énergie folle sur les planches, où elle a présenté son dernier album dans son intégralité. Conclusion, MA résonne aussi bien sur scène que sur disque.

Accompagnée de quatre musiciens (bassiste, guitariste,claviériste et batteur), l’auteure-compositrice-interprète est apparue aux festivaliers aux alentours de 22 h. Sous un tonnerre de cris, l’étoile a donné le ton avec Walls of the World avant de sortir sa casserole pour la tonique In Your Body, qu’elle a conclue avec un furieux solo de tom.

« Vous êtes un peu la bête ce soir! » a-t-elle balancé au public en délire après seulement cinq minutes. Mais la véritable bête, c’était elle.

La star a joué d’audace en ouvrant le concert avec sept morceaux tirés de sa plus récente galette. Il a fallu attendre une bonne demi-heure avant d’entendre la première pièce extraite de ses précédentes offrandes, la joyeuse Réverbère.

Cette avalanche de nouveautés n’a visiblement pas dérangé les spectateurs qui se sont abondamment trémoussés sur les pièces irrésistiblement sexy de MA.

 

« Ma face a chaud! »

Dans une forme resplendissante, Ariane Moffatt s’est démenée comme une diablesse dans l’eau bénite pendant plus de 90 minutes. La chanteuse ne s’est pas embarrassée des gouttes de sueur qui ruisselaient sur son front. Au contraire. Elle n’a presque jamais levé le pied, piochant notamment sur son clavier en secouant la tête de tous bords tous côtés.

« C’est le moment où j’espère que les caméras sont parties parce que ma face a chaud! » a-t-elle même rigolé en s’épongeant la figure en milieu de prestation.

Ne ménageant aucun effort pour soulever ses fans, Ariane Moffatt s’est donnée corps et âme du début à la fin du concert. Attaquant chaque note avec une assurance renouvelée, la chanteuse s’est aussi livrée à de jolies harmonies vocales avec sa claviériste.

Clin d’œil intéressant : ces quelques mesures du célèbre Material Girl de Madonna au terme d’une Mon corps plus sensuelle que jamais. Signalons aussi cette relecture pesante de L’équilibre et la sensible Artifacts, durant laquelle la principale intéressée a ressorti sa guitare.

 

Des invités spéciaux

Comme elle l’avait annoncé sur Twitter quelques jours plus tôt, deux « beaux mecs » avaient accepter de l’accompagner sur scène durant le concert : David Giguère et Pierre Lapointe. Le premier a surgi des coulisses pour Laisse tomber les filles, alors que le second s’est montré le bout du nez le temps d’un Cœur dans la tête plus musclé qu’à l’accoutumée.

Également au programme du spectacle, la fameuse 17 mai 2012, son hymne au mouvement contre la hausse des frais de scolarité. Version actualisée de Jeudi 17 mai, une pièce tirée de l’album Tous les sens (2008), ce nouveau morceau s’articule autour du projet de loi spéciale adopté le mois dernier pour mettre fin à la grève étudiante.

Sous des éclairages rouges écarlates, l’artiste mordait dans chacune des paroles de cet air engagé, au grand plaisir du public qui en redemandait

Un mot sur la mise en scène, idéale pour des prestations à forte concentration électro : d’élégantes projections sur cinq panneaux disposés en toile de fond et des jeux de lumière dynamiques qui accentuaient chaque montée dramatique.

À mi-chemin du spectacle, la sympathique brunette s’est payée la traite avec Running Up the Hill de Kate Bush avant de conclure officieusement avec la vrombissante – mais jamais pompeuse – Sourire sincère. Chris Martin de Coldplay peut aller se rhabiller; Ariane Moffatt ne laisse plus sa place dans le créneau « chanson grandiose fait sur mesure pour nous donner des frissons ».

Au rappel, elle nous a notamment servi Montréal et Je veux tout, qu’elle avait teinté de reggae.

 

Accueil poli pour Deweare

Assurant la première partie du spectacle, Franck Deweare a proposé les titres rock de son dernier album, Mes semblables, sorti en 2011. Le Français d’origine (il habite la métropole depuis 2004) a reçu un accueil poli – sans plus – de l’auditoire. Dommage. Il méritait mieux. Ne serai-ce que pour sa voix grave et suave, qui rappelle celle de Serge Gainsbourg, et ses grooves sensuels qui s’attaquent directement à vos hanches.

Deweare a néanmoins soulevé quelques cris approbateurs en évoquant le climat politique tendu qui règne sur la belle province. « En ce moment, Montréal, ça n’a plus de sens. Merci beaucoup aux Québécois. Ne vous laissez pas faire ! » a-t-il lancé avant d’interpréter Faites-moi mal.

 

Sans fausse note

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) n’a déploré aucun incident fâcheux sur le site du festival durant la fin de semaine. En entrevue au Journal de Montréal dimanche après-midi, l’agente porte-parole du SPVM, Annie Lemieux, paraissait soulagée. « Tout se passe bien. On ne rapporte rien de majeur », déclarait-elle.

Même son de cloche du côté des organisateurs des FrancoFolies, qui préféraient mettre l’emphase sur la météo favorable du week-end après une première soirée en dents de scie. Plusieurs grains de pluie s’étaient abattus sur les festivaliers durant le grand spectacle d’ouverture de Pierre Lapointe jeudi soir. Dame Nature a contribué au succès des journées de samedi et dimanche, qui se sont déroulées sous un ciel quasi immaculé.

Les manifestations n’on pas perturbé la tenue des concerts. « Ça se passe beaucoup sur Crescent », a indiqué Alain Desruisseaux, attaché de presse de l’Équipe Spectra, producteur de l’événement.

 

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