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De l’intimidation jusqu’à l’hôtel

Les hôteliers sur de la Montagne déplorent le comportement des manifestants

De l’intimidation jusqu’à l’hôtel
Photo agence qmi, Joël lemay
Des employés de l'Hôtel de la Montagne surveillent l'entrée de leur établissement, samedi. Plusieurs policiers étaient présents pour repousser les manifestants aux alentours.
De l’intimidation jusqu’à l’hôtel
Photo agence qmi, Joël lemay
Des employés de l'Hôtel de la Montagne surveillent l'entrée de leur établissement, samedi. Plusieurs policiers étaient présents pour repousser les manifestants aux alentours.

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Deux hôtels-restaurants situés dans le périmètre des festivités du Grand Prix ont été pris pour cible samedi soir par les manifestants. Peinture rouge, saccage de fleurs et violents affrontements au menu.

Ils sont d’habitude très prisés par les amateurs de F1 de par leur réputation, mais aussi pour leur situation idéale en plein cœur des activités organisées en marge du Grand Prix.

Cette année, ils étaient aussi les mieux placés pour subir les débordements.

Samedi soir, à deux pas de la célèbre rue Crescent, l’Hôtel de la Montagne et le Loews Hôtel Vogue ont été le théâtre des plus violents affrontements du week-end entre manifestants et forces de l’ordre.

Saccage

« Ils ont tout arraché. Les fleurs, les arbres. Ils ont lancé de la peinture rouge sur les vitres. Il y a eu une grosse charge contre l’hôtel, mais personne n’est parvenu à entrer », confie, soulagé, Bernard Ragueneau, le propriétaire de l’Hôtel de la Montage, au lendemain des événements.

Depuis 40 ans qu’il tient l’hôtel, il n’avait jamais vu ça. « C’est vraiment intimidant. La violence sur un écran de télévision et devant chez soi en vrai ce n’est pas la même chose », livre-t-il.

Selon lui, les manifestants n’ont pas fait le bon calcul en choisissant de perturber l’intégralité du Grand Prix.

« Ils ont réussi à prouver qu’ils pouvaient asphyxier l’île de Montréal, mais ils perdent tout l’essentiel de leur message. Ils avaient tout à gagner en décrétant une trêve pendant le Grand Prix. Ils ont pris la mauvaise décision », estime-t-il.

« Pire scénario »

En face, le Loews Hôtel Vogue a lui aussi fait les frais de la colère des militants.

« C’était impressionnant. Les gens couraient partout, ils se cachaient derrière les voitures, ils revenaient et les policiers intervenaient. La scène s’est répétée sans cesse entre 18 h et minuit », raconte Éric Hamel, le directeur général adjoint.

Pour avoir discuté du conflit étudiant avec de nombreux clients, la plupart comprennent l’enjeu, mais déplorent la tournure que prennent les événements, affirme-t-il.

Perte de clientèle

« On avait envisagé différents scénarios et hier soir, on était très proche du pire », ajoute-t-il.

M. Hamel était inquiet samedi soir, et il l’est encore plus lorsqu’il pense à l’année prochaine.

Une réticence envers le Grand Prix de Montréal se fait déjà sentir.

« Nous avons une clientèle régulière pendant le week-end de F1, qui a l’habitude de confirmer sa présence d’une année sur l’autre. Mais beaucoup ont refusé de réserver pour 2013 en partant ce matin », explique-t-il.

Vacance

Une dizaine de chambres n’ont d’ailleurs pas trouvé preneurs pour l’édition 2012.

« D’habitude, tout est booké au moins un mois à l’avance », indique M. Hamel.

Après des mois de mai et de juin moroses, il s’inquiète aussi pour la saison estivale.

« C’est maintenant que les gens réservent pour cet été, et les manifestations ne font pas une bonne publicité, constate-t-il. Outre l’image du Grand Prix, c’est le rayonnement de Montréal sur la scène internationale qui en prend un coup. »

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