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financement | 2003

Charest au domicile d'un entrepreneur accusé

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Photo d'archives, Jean-François Desgagnés

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Le premier ministre Jean Charest a participé, en 2003, à un cocktail de financement pour le Parti libéral au domicile de Gaétan Paradis, un entrepreneur en construction arrêté jeudi par l'UPAC à Saint-Jean-sur-Richelieu. Un autre cas «troublant» selon le PQ.

Le président de Construction GCP, qui fait face à deux chefs d'accusation de collusion, a été présenté comme un «organisateur libéral bien connu» dans un article du Canada Français, en juin 2003. Il avait alors prêté sa grande résidence personnelle au PLQ pour une activité partisane qui a rapporté 133 000$.

C'était la deuxième fois que le PM se rendait à son domicile, avait précisé l'hebdomadaire. «Le Premier ministre n'a pas l'habitude de participer à des soirées de financement mais il a fait exception, remplissant une promesse qu'il avait faite il y a deux ans à Gaétan Paradis, alors qu'il était chef de l'opposition», révèle le papier de l'époque.

L'homme d'affaires, âgé de 65 ans, a été accusé d’avoir fait des offres ou des soumissions qui sont le fruit d’un accord ou d’un arrangement, « sans que cet accord ou cet arrangement ait été porté à la connaissance de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu ».

M. Paradis n'est pas le premier organisateur libéral à se retrouver dans le pétrin. En avril dernier, Louis-Georges Boudreault, le «bénévole de l'année» en 2010 pour le PLQ, avait également été arrêté par l'escouade Marteau et accusé d'abus de confiance, dans la foulée du démantèlement d'un réseau de partage de contrats municipaux sur la couronne nord de Montréal.

Une «proximité inquiétante»

Il y a un «rapport incestueux» entre l'argent et le Parti libéral, «c'est clair», a martelé le député péquiste Stéphane Bédard. «Ça démontre une proximité inquiétante entre ceux qui décident et ceux qui veulent des contrats. Le hasard frappe un peu trop fort. Comment se fait-il que des gens sont épris de l'envie soudaine de donner au Parti libéral la même année qu'ils reçoivent des places en garderie? On est dans la même situation.»

Gaétan Paradis aurait surtout été actif au PLQ dans les années 90. Il a ensuite pris ses distances, nous a-t-on dit. Dans la dernière décennie, il a même contribué aux deux autres principaux partis politiques (le PQ en 2000-2002 et l’ADQ en 2007-2008). Appelé à commenter son arrestation, Jean Charest a rappelé que «personne n'est au-dessus des lois» et a défendu sa propre intégrité, affirmant qu'au Parti libéral, «il n'y en a pas de retour d'ascenseur».

«Nous, notre financement on le fait en fonction des règles. Si des gens ont fait des dons et ont agi autrement qu'en respectant les lois, ils doivent en être imputables. La preuve que nous y croyons c'est que l'UPAC existe et l'UPAC fait sa job. Personne n'a le monopole de la vertu. Ce n'est pas une excuse mais quand nous, on a des coches mal taillées, on les corrige», a-t-il déclaré depuis le Brésil.

Gaétan Paradis
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