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De plus en plus de médecins quittent

Plus d’omnis plient bagage

Médecin
Photo Agence QMI / Archives

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Attirés par de meilleures conditions de ­pratique, les médecins de famille québécois sont désormais plus nombreux que leurs ­collègues spécialistes à plier bagage.

Alors que les patients orphelins sont légion, au cours des deux dernières années, le Québec a perdu une soixantaine de médecins de famille formés à grands frais, au profit d’autres provinces ou États.

« Dans les années 1990, l’exode était un phénomène essentiellement de médecins spécialistes. Ce sont maintenant les jeunes médecins de famille qui quittent, à cause des écarts de rémunération et de l’organisation de la pratique médicale au Québec », constate le président de l’Association des jeunes médecins du Québec, le Dr François-Pierre Gladu.

Très en demande

Selon le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, ces professionnels sont très en demande partout au Canada.

« Les médecins de famille québécois sont très polyvalents; ils sont à même de pratiquer aussi bien à l’hôpital qu’en cabinet », souligne le Dr Godin.

N’eût été le retour de l’étranger de 18 omnipraticiens depuis deux ans, le déficit net aurait été plus grand encore, montre le dernier rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) sur la migration des médecins canadiens en 2010.

Des bras en moins

« Ce sont des bras dont on aurait besoin. Le Québec a un régime contraignant unique au monde qu’il ­serait peut-être temps de revoir », argue, pour sa part, le Dr Gladu.

Il en veut pour preuve le fait que les médecins de famille ayant 15 ans de pratique et moins doivent consacrer 12 heures par semaine à des activités particulières (urgence, hospitalisation et autres) et cela freine énormément la pratique en cabinet.

« On demande aux jeunes médecins de ne pas faire ce pourquoi ils ont été formés. Jusqu’à 80 % de la facturation des nouveaux médecins se fait à l’hôpital. Certains vont faire leur résidence hors Québec et ne reviennent pas », rapporte le Dr Gladu.

Courage politique

Or, former un omnipraticien coûte près de 178 000 $. Chaque année de formation supplémentaire est estimée autour de 24 000 $.

« Le gouvernement québécois devrait avoir le courage de régler la question de l’écart de rémunération avec les médecins spécialistes », affirme également le Dr Godin. Cet écart est de l’ordre de 50 % à 60 %, selon ce dernier, tandis qu’un écart « raisonnable » devrait se ­situer autour de 20 %.

Le Dr Gladu va plus loin en affirmant qu’en 2015-2016, les médecins spécialistes gagneront en moyenne presque 200 000 $ de plus que les omnipraticiens.

En 2010, 17 médecins spécialistes sont partis pour l’étranger tandis qu’une trentaine sont revenus au Québec.

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