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Violence en milieu scolaire

Chaire inaugurée à l'UL

Claire Beaumont
Claire Beaumont, professeue à la Faculté des sciences de l'Éducation.

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Selon la chercheuse Claire Beaumont de l’Université Laval, de 6 % à 10 % des jeunes sont victimes de violence de façon répétée à l’école.

L’un des mandats de Mme Beaumont, qui dirigera la nouvelle Chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu scolaire, sera de dresser le portrait de la situation dans les écoles primaires et secondaires, mais aussi dans les cégeps et les universités, qui n’échappent pas à ce fléau.

« On a l’impression qu’il y a plus de violence qu’avant dans les écoles. Notre rôle sera de mesurer si, effectivement, il y a une augmentation ou si c’est parce que nous sommes rendus moins tolérants », a expliqué Mme Beaumont.

« Microviolences »

Les statistiques indiquent que près de 80 % des enfants ont été victimes un jour ou l’autre d’une forme de violence à l’école.

« Très rares sont ceux qui n’en ont jamais subie. Une brimade, ce n’est pas ça qui va laisser des séquelles graves », a-t-elle poursuivi.

Toutefois, les « microviolences » répétées (insultes, dénigrement, menaces) sont les formes qui affectent le plus les élèves et le personnel, qui se sent démuni dans des situations pareilles.

Dépression

« L’exposition répétée peut entraîner des conséquences chez l’élève comme l’échec, la dépression, l’exclusion ou le décrochage », avance Mme Beaumont.

Avec l’histoire de la jeune Marjorie Raymond, de Sainte-Anne-des-Monts, décédée en novembre 2011, on a vu jusqu’où pouvait conduire l’intimidation à l’école.

À 15 ans, la jeune fille s’est pendue dans le garage du domicile familial parce qu’elle n’était plus capable d’être la souffre-douleur des autres élèves.

« Les jeunes sont vulnérables. Ils ne trouvent pas de moyen pour s’en sortir. Ça peut mener jusqu’au suicide. C’est assez fréquent d’apprendre que des jeunes passent à l’acte. Les cas ne sont pas tous médiatisés. »

« Lorsqu’on parle à des jeunes de 14 ou 15 ans, ils ont tous dans leur environnement quelqu’un qui a fait une tentative ou qui s’est suicidé », affirme Mme Beaumont.

Le climat en souffre

L’intimidation peut aussi affecter le climat général d’un établissement, souligne-t-elle, entraînant du stress, de l’absentéisme ou de l’épuisement professionnel chez le personnel scolaire.

La Chaire de recherche, qui a donc été inaugurée hier, fera en sorte de mieux orienter les interventions et d’analyser les types de comportements susceptibles de porter atteinte à l’intégrité physique ou psychologique d’autrui.

Le ministère de l’Éducation versera un million de dollars sur cinq ans pour financer ces travaux de recherche.

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