Robert Lepage réalisera un fantasme d’adolescent lorsque The Tempest, sa nouvelle production, sera présenté en première mondiale le 26 juillet lors du Festival d’opéra de Québec.
L’opéra de Thomas Adès, qui sera aussi joué les 28, 30 juillet et 1er août à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec s’installera ensuite, à l’automne, dans la prestigieuse salle du Metropolitan Opera à New York.
« J’ai la conviction depuis que je suis tout jeune que Québec a tout ce qu’il faut pour pouvoir présenter des œuvres de ce calibre. Elle est mature et grandit bien, tout en conservant sa folie, son intimité et sa jeunesse », a lancé le créateur et metteur en scène, hier, lors d’une conférence de presse.
The Tempest raconte l’histoire de Prospero, victime d’un complot politique et qui se retrouve exilé sur une île avec sa fille, Miranda. L’ancien duc de Milan utilisera sa magie pour provoquer le naufrage du navire de ses ennemis et les soumettre ensuite à des épreuves d’où ils sortiront tous transformés.
Détendu
Thomas Ades, qui a composé les musiques de The Tempest, dirigera les chanteurs, le Chœur de l’Opéra de Québec et les musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec.
« C’est extrêmement rare de voir un compositeur d’opéra diriger l’œuvre qu’il a créée et c’est ce que nous allons voir à Québec. La musique est magnifique et l’opéra est très bien construit. Je remercie Robert Lepage d’avoir amené sa toute dernière production à Québec », a mentionné Grégoire Legendre, directeur général et artistique du Festival d’opéra de Québec.
Lepage se sent particulièrement bien à environ une semaine de la cette première dans sa ville.
« Il y a un trac normal, mais je suis très détendu depuis le début des répétitions. Je sens qu’on a quelque chose de fort entre les mains », a-t-il laissé tomber avec assurance.
Le montage de la salle a débuté le 26 juin et les répétitions sont en cours depuis le 3 juillet.
Audace
Lepage avoue avoir ressenti une certaine pression sur ses épaules après le succès obtenu, l’été dernier, avec Le rossignol et autres fables, présenté lors de la première édition.
« Il y aura des acrobaties vocales de haute voltige et aussi des acrobaties physiques. Les chanteurs d’opéra ne sont pas habitués à faire ce genre de choses et ils ont accepté de se prêter à cet exercice. C’est un langage visuel et plus physique que ce que l’on peut voir habituellement à l’opéra. Il y a des choses très audacieuses », a-t-il fait remarquer.
Robert Lepage a monté à sept reprises cette œuvre de Shakespeare pour le théâtre, mais jamais pour l’opéra.
« C’est un contexte totalement différent avec des textes chantés et mis en musique. La magie du personnage de Prospero et des esprits s’adapte bien à des voix envoûtantes, hallucinantes et qui dépassent parfois les limites humaines », a-t-il mentionné.