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Sondage | Élections 2012

La corruption au menu

La candidature de Duchesneau chambarde la campagne

Duchesneau
Photo Didier Debusschère

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En sortant la candidature de Jacques Duchesneau de son chapeau, François Legault a réussi à imposer le thème de la corruption dans la première semaine de la campagne électorale. Grâce à ce coup fumant, il y aura bel et bien une chaude lutte à trois le 4 septembre prochain.

Il s’agit là d’une des principales conclusions d’un sondage Léger Marketing mené en fin de semaine pour le compte de l’Agence QMI. « Le vent a tourné dans la campagne, mais l’ouragan n’est pas terminé, pense le sondeur Jean-Marc Léger. Pour François Legault, il fallait absolument qu’il existe lors des 10 premiers jours de la campagne, sinon il aurait été complètement éliminé. Là, il existe. C’est une vraie lutte à trois. »

Dans le coup de sonde, on apprend qu’une écrasante majorité de Québécois (70 %) jugent le gouvernement libéral corrompu. « Le peuple est en colère, analyse M. Léger. À 70 %, il y a même des libéraux là-dedans. Le sondage confirme le ras-le-bol et le désabusement total des gens de la vieille politique. Ils sont écœurés. Ils veulent autre chose. »

Toute la classe politique est d’ailleurs éclaboussée. Deux tiers des Québécois pensent que les partis politiques en général sont corrompus. « C’est d’abord une perception du gouvernement. Ensuite, les gens se disent que tout le monde est corrompu, rapporte M. Léger. Cette résignation populaire est liée aux actions que le gouvernement a posées ou qu’il n’a pas posées. Ça a duré tellement longtemps que tout le monde reçoit de la boue. »

À qui ça profite ?

Pourtant, l’arrivée de M. Duchesneau ne signifie pas automatiquement que le parti de François Legault récoltera les fruits dans les intentions de vote. Seulement 41 % des Québécois estiment que cette candidature est « une bonne nouvelle ». Au total, 45 % des sondés jugent que l'ancien chef de police peut éliminer (3%) ou réduire la corruption (42%).

« C’est un taux relativement faible, fait remarquer M. Léger. Il y a un préjugé favorable à l’égard Jacques Duchesneau, mais il n’a pas encore changé la dynamique politique. Les gens veulent l’écouter et l’entendre. »

Chose certaine, « Duchesneau va tirer la CAQ vers le haut, mais ça va prendre un certain nombre de jours avant de pouvoir le calculer, croit Jean-Marc Léger. Ça prend plus qu’un homme pour changer l’état de choses. »

Plus concrètement, « les libéraux sont mal pris. C’est surtout la CAQ (qui en profite), mais pas juste la CAQ parce que le PQ a ce discours-là (anticorruption). On ne sait pas l’effet direct sur le PQ, même si c’est un thème qu’ils ont travaillé depuis un certain nombre de mois », signale M. Léger.

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