François Legault a gagné haut la main la bataille médiatique de la première semaine de la campagne électorale.
Les annonces des candidatures des vedettes Gaétan Barrette et Jacques Duchesneau lui ont permis de donner le ton à la campagne, même si l’ex-chef de police de Montréal a allumé un incendie par jour depuis son entrée en scène. Il a soulevé des controverses en déclarant qu’il aurait le pouvoir de nommer des ministres d’un gouvernement de la CAQ, en s’attaquant à la commission Charbonneau et hier, en soutenant que libéraux et péquistes se nourrissaient d’argent sale.
François Legault se devait de connaître un fort début de campagne pour s’inscrire dans l’actualité et transformer la campagne en véritable lutte à trois. M. Legault a non seulement rempli cette obligation, la CAQ est vite devenue le centre d’intérêt des médias.
Départs difficiles
Quant à Jean Charest, il a voulu imposer le dossier étudiant comme principal enjeu d’une élection à caractère référendaire, mais il a vite été replongé dans le débat sur la corruption de son gouvernement. La première semaine de la campagne a été plutôt difficile pour lui.
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a pour sa part été complètement éclipsée. Elle a fait campagne loin dans l’est du Québec ces derniers jours et le choix de ses thèmes a été fait davantage en fonction des militants de son propre parti, souveraineté, langue, culture, question identitaire, alors que les manchettes tournaient autour de celui de la corruption.
Le PQ a certes fait du bruit médiatique avec les candidatures de Léo Bureau-Blouin, de Pierre Duchesne et de Jean-François Lisée, mais l’attention a rapidement été détournée vers la CAQ et Jacques Duchesneau.
L’évaluation faite par les citoyens du début de la campagne de ces trois chefs ne dégage pas un gagnant incontestable. Un sondage éclair, non scientifique (vox pop) effectué pour TVA par Jean Lapierre à Drummondville, dans une circonscription péquiste, a toutefois donné des résultats plutôt étonnants. Jean Charest était considéré comme le chef s’étant le plus démarqué; François Legault arrivait au deuxième rang et Pauline Marois n’a été le choix que d’une poignée de partisans.
Promesses mal reçues
Des promesses électorales ont été faites dont une réduction d’impôt de 1 000 $ pour la classe moyenne au terme d’un premier mandat de la CAQ de François Legault et 3 000 $ de crédit d’impôt pour la rénovation domiciliaire par Jean Charest. Les promesses sont très mal reçues par les citoyens. Toutes les personnes interrogées hier, en Estrie, sur la foi qu’elles plaçaient dans les promesses des politiciens ont répondu n’y croire aucunement.
Il se dégageait même de leurs commentaires du mépris à l’endroit des politiciens qui pensent obtenir leurs votes avec des promesses de dépenser encore plus d’argent provenant de leurs impôts et taxes.
Être un politicien en campagne, je rangerais mon chéquier.