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Punch Club

Quand tous les coups sont permis

Impro
Photo Courtoisie

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Imaginez une soirée rassemblant des joueurs de la Ligue nationale d’improvisation (LNI), qui s’affrontent pour de l’argent dans des matchs où les règles sont abolies et où tous les coups sont permis. Bienvenue dans l’univers du street impro.

Initié en avril par trois passionnés du domaine, le Punch Club propose chaque mois un véritable spectacle d’humour qui tire sur Word Up! Battles, ces « batailles de mots » où les couteaux volent plus que bas. Pour pimenter le tout, on a décidé de vider certains éléments propres à l’improvisation traditionnelle. Pas de patinoire, pas d’arbitre et surtout, pas de règles.

« On voulait garder seulement les éléments qui mettent l’accent sur le calibre de jeu. Il n’y a pas de catégorie. Si le joueur veut chanter son impro au complet, il peut le faire. C’est liberté totale. On donne seulement les thèmes des improvisations et les durées », explique Ogden Ridjanovic, l’un des organisateurs de l’événement, mieux connu pour son rôle déjanté de Robert Nelson dans la formation hip-hop de la capitale Alaclair Ensemble.

La crème

Chaque mois, deux équipes de trois joueurs − sélectionnées par la direction du Punch Club − s’affrontent au bar l’Agitée de Québec dans des joutes complètement délirantes. Déjà, Sophie Caron, de la LNI, et Maxime Lemire, leader du groupe rock Dance Laury Dance et redoutable joueur d’improvisation, ont pris part à l’événement. Au cours des prochains mois, Louis Courchesne et Virginie Fortin − la fille du comédien Bernard Fortin −, tous deux de la LNI, se retrouveront notamment sur les planches.

« On voulait les meilleurs joueurs. Ce qui arrive souvent, c’est que les six joueurs d’une équipe peuvent être bons, mais il y en a toujours deux ou trois qui sont un peu meilleurs et que tu as envie de voir jouer. On s’est dit qu’on inviterait juste ceux-là! », lance en riant Ogden Ridjanovic.

Argent en jeu

Autre concept plutôt rare dans le domaine, pas moins de 300 $ seront remis à l’équipe gagnante alors que les perdants fileront avec la moitié de cette somme. Et c’est le public qui, à chaque fois, détermine le gagnant.

« Les joueurs de la grande majorité des ligues d’impro au Québec ne sont pas payés. Pire, ils paient pour jouer. Il y en a là-dedans qui jouent depuis tellement longtemps qu’ils sont de calibre professionnel. L’impro, c’est un gros phénomène culturel et social au Québec. Ça serait juste le fun que les joueurs puissent en vivre un peu. À date, en impro, ça n’existe pas. Même à la LNI, quand ce n’est pas télévisé, ce n’est pas énorme comme cachet », déplore-t-il.

Championnat

La prochaine édition du Punch Club se tiendra le 18 août et opposera les meilleurs joueurs de la Ligue d’improvisation de Québec (LIQ) et de la Ligue universitaire d’improvisation (LUI).

Le match de « championnat », qui opposera le trio le plus fort de la capitale contre celui de la métropole, aura lieu le 29 septembre, toujours à l’Agitée, à 21 h, au coût de 10 $. Les organisateurs travaillent d’ailleurs à exporter le concept à Montréal, à l’automne.

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